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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 12:25

 

 

Le Bien normophobe

 hannibal

Ce doit être merveilleux d’être bon. Pas bon comme quand on aide une vieille dame à traverser la rue ou qu’on donne cent sous à un clochard, vraiment bon. Comme François Hollande. Qu’il était beau à Tombouctou, notre René Caillié à lunettes, le menton haut, la jugulaire du casque lourd mentalement serrée sur une glotte affolée, la commissure des yeux tire-bouchonnant sur les chaussures. C’était le jour le plus lumineux de sa vie politique. Le triomphe mérité d’un grand bisounours. Pas encore l’apothéose, mais déjà une métamorphose : le petit chose incertain et tremblotant s’est mué en figure paternelle, Flanby soldat, pudding amidonné. En France factotum de la république, technicien de surface affecté à nettoyer tous les couacs et bévues de sa majorité, au Mali bifidus actif, membre premium. A Marseille, spectateur de performance RAP dans le TGV, à Bamako décideur, ami cher, père Noël, libérateur. Des mamas mamelues comme la dame de Brassempouy le serraient sur leur cœur généreux, dans le chaud mystère odorant d’un drapeau français déployé au vent, et cela le changeait des dominas qu’il à dû s’appuyer toute sa vie, de Ségolèna incisiva à Valéria canina. Avec ça, il n’a pas oublié quand même son petit couplet idéologique. Il a parlé de la “dette” que la France aurait censément contractée envers l’Afrique, et qu’il est venu honorer à Bamako. Une dette de sang ! Pour sûr ! Il y avait un peloton de Maliens dans la suite de Jean l’aveugle à la bataille de Crécy ! La gauche nous ferait toujours pisser de rire si elle ne nous faisait pleurer le sang. J’imagine la bouille du père de Gaulle dans sa tombe, lui qui faillit manger son képi de dépit quand Sékou Touré, démocrate malien, répondit non à son referendum, mettant ainsi fin, de facto, à ce qui devait devenir la communauté française ! Mais sans doute l’a-t-on oublié à l’Elysée, comme on y a oublié toute l’histoire de France.

  

Toujours ce mariage pour tous. Pour tous les “couples”. Un professeur de lettres, Daniel Godard, fait justement remarquer qu’il n’y a pas dans cette affaire plus de “couple” que de mariage en broche. D’abord, parce que, la mauvaise humeur des verts et des communistes devant les cafouillis socialistes le prouve, il s’agit bien d’ouvrir aux “mariés” de même sexe le « droit à l’enfant », donc fatalement la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui — c’est mignon, les sigles, cela permet de faire avaler en douce les pires horreurs, la vente d’un enfant par exemple : il vaudrait mieux dire GPS, gestation pour les salauds). Il s’agit donc d’ouvrir le “mariage” à une troisième personne (voire deux) : on se trouve ainsi en présence non d’un couple, mais d’une triade, peut-être une tétrade. Ce n’est pas une vue de l’esprit depuis que la jurisprudence anglaise reconnaît aux donneurs de sperme des droits de « coparents » : on ne voit pas ce qui empêcherait une mère porteuse de revendiquer le même au nom de l’égalité. De sorte que la polygamie que réclamait explicitement Jacques Bompard dans un amendement se trouve implicitement reconnue par un projet qui prévoit à terme la procréation pour les “couples” homosexuels.

  

Surtout, Daniel Godard, qui est un bon professeur, nous rappelle pourquoi on ne peut en toute hypothèse parler de “couple” homosexuel. Même si conjoint un et conjoint deux, brûlant d’un chaste feu, n’éprouvent nulle envie de se perpétuer, même si, loin des obligations poulinières et natalistes, ils souhaitent seulement vivre au sein de leur chaumière un amour sanctifié par la République. Même s’ils n’ont jamais d’enfant, conjoint un et conjoint deux ne formeront jamais un “couple” pour une raison grammaticale que le dictionnaire nous dévoile. Deux éléments de même nature constituent ensemble non un “couple”, mais une paire : une paire de ciseaux, et non un couple de lunettes. Une paire de bœufs. Une paire de jumeaux, et de jumelles. En français, le couple suppose la différence, l’altérité. Le Robert 2012, qui fait la paire avec le Robert 2011, définit le couple comme « un homme et une femme unis par des relations affectives, physiques ». Pour l’instant il n’a pas encore été brûlé en place de grève pour homophobie. Mais il faut vivement espérer qu’une fois le code civil chiffonné, les lobbies qui s’essuient les pieds sur notre tête récriront aussi les dictionnaires et les grammaires. Ils l’ont fort bien compris d’ailleurs : la gauche n’a pas plus dangereuse adversaire que la grammaire, la langue française est depuis des décennies la cible de ses vigilantes attaques. […]

 

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Published by Rivarol blog - dans Actualités
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commentaires

Aryana 08/02/2013 19:26


ah,ah,ah, ! Ce cher Hannibal !


 


Depuis que je lis Rivarol , j'ai toujours préferré commencer par la dernière page du journal ,la plus rigolote en principe . Je me souviens dec pages écrites par notre régrètté ADG qui bazoukait
férocement chaque semaine ses hilarantes bombinettes anti-système .