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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 15:47

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Par Hannibal.

 

 

Le premier, et le seul, argument produit par François Hollande afin de convaincre les Français de voter pour lui (mis à part des promesses farfelues, que l’on viole toujours), fut que sa présidence serait normale. Au bout de quatre mois nous pouvons donc dire maintenant ce qu’est un président normal. C’est un sujet si vaste qu’il me faudra deux chroniques pour l’exposer. Il y a en effet d’une part le personnage lui-même, et la façon dont il se sert des institutions pour mener sa barque, qui fera l’objet de la prochaine, et puis son idéologie, que nous allons examiner tout de suite.

 

François Hollande est le produit, sinon le prototype, d’un nouvel âge politique. Il est l’incarnation de la nouvelle morale mondialiste. Cela se voit à ses ennemis, si l’on croit avec Carl Schmitt qu’un politique se caractérise par les ennemis qu’il se choisit. Ses ennemis ne sont pas, à la mode ancienne, un peuple, une armée, ni même à proprement parler une classe. Ses ennemis sont tout simplement le mal, les tenants du mal. Ce sont les racistes, les fascistes, les machistes, etc., tous ceux qui nient l’idéologie post-moderne du bien et en transgressent les arrêts.

 

Les Grecs du cinquième siècle, ceux du miracle grec, nommaient barbares les peuples qui ne parlaient pas grec, mais, si chacun croyait à la supériorité de sa cité, nul n’attachait au mot barbare un mépris uniforme. Hérodote consacra ses histoires aux Perses et Egyptiens, Thémistocle, vainqueur d’Artaxerxés premier à Salamine, se réfugia chez lui après qu’Athènes l’eut banni et accepta de gouverner pour lui les villes grecques d’Asie mineure. Six siècles plus tard, les Grecs intégrés à Rome et adonnés au néo pythagorisme commun aux débuts du principat avaient fini par considérer les Barbares comme des inférieurs, des êtres tarés moralement, face auxquels l’empire figurait le bien. On le voit dans la vie d’Artaxerxés II (le petit-fils de l’autre) qu’a rédigée Plutarque : il y peint des intrigues, des supplices, des mensonges, un monde cruel, mené par ses passions, arbitraire et fourbe, justifiant ainsi, à son époque, les entreprises menées par le vertueux Trajan contre les Parthes descendant des Perses. La liberté, la vérité, le droit combattent le désordre et le mal.

 

Nous n’avons pas beaucoup changé. François Hollande a été décrété « leader of the free monde » par le Wall Street Journal depuis qu’il a promis de reconnaître un futur gouvernement rebelle syrien, se plaçant ainsi au premier rang des bellicistes de l’axe du Bien. Bernard Kouchner avait lancé le droit d’ingérence, Georges W. Bush inventé les États voyous, Barack Obama et ses supplétifs appliquent la politique, ou plutôt la morale juridique internationale, ainsi définie. Nous l’avons vu en Tunisie, surtout en Libye, nous sommes en train de le voir en Syrie. Tout avait commencé en Irak. La guerre du Golfe fut justifiée sinon causée par le devoir de châtier un monstre qui piétinait des couveuses ici et utilisait là des armes chimiques. Puis la chute de Saddam fut décidée, Tony Blair dixit, après que se fut évanouie la fable des armes de destruction massive, pour introduire la démocratie en Irak. Je vous envahis pour vous libérer. On connaît l’antienne yankee : la dictature, c’est les autres. La démocratie est une formidable machine à conquérir le monde. Elle envoie partout où elle le peut Libérator, son Golem aux mains de fer dans leurs gants de guimauve. 

 

Pourquoi pas, au fond ? C’est une ruse comme une autre et les empires n’en sont pas avares. Mais ma crainte est double. D’abord, que ce golem ne devienne fou, et que la démesure qui caractérise le désir de puissance des Etats-Unis ne les perde, et nous perde avec eux, dans une catastrophe générale. Ensuite, même si cette sombre hypothèse ne se vérifie pas, que cela ne nous rende idiots. Que l’incessant massage des media et des partis ne finisse par ramollir les cerveaux et les cœurs. Telle est la normalité idéologique moderne. Ce qu’il y a de pire dans BHL, c’est qu’il semble sincère. Ce qui effraye chez François Hollande, c’est qu’il croit ce qu’il dit. Ce qui me navre, chez cet effroyable ignare sectaire de Peillon, c’est qu’il va vraiment nous mettre des cours de morale laïque, franc-maçonne et néo-pythagoricienne à l’école. Le bien dont ils se tartinent pour aller pilonner ceux qui ne leur plaisent pas, ils y croient vraiment, ils croient vraiment l’incarner et le défendre. Ce n’est pas seulement un instrument de propagande de guerre, c’est une certitude superstitieuse, une auto-intoxication totalitaire.

 

Regardez notre François, ses billes de loto sous ses lunettes qui lancent l’éclair : c’est ce bien commun qui lui permet d’aller boire une mousse la conscience tranquille avec Merkel et Rajoy après un sommet où ils ont pourtant étalé un libéralisme blessant. Les valeurs, voilà qui rassemble tout ce beau monde dans un même cocon de normalitude malgré les divergences dont ils construisent leurs carrières respectives. Les valeurs, voilà ce qui tétanise le public européen, plus ou moins longtemps et plus ou moins profondément, selon qu’il est plus ou moins gogo, bobo ou populo. Les valeurs, avec leur système pavlovien qu’on oriente tantôt contre l’islam, tantôt contre Le Pen, tantôt contre Poutine. […]

 

 

 

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