Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 10:40

                                               http://www.benedicte-illustration.net/public/dessins%20ados/adov1.jpg

 

Lu dans La voix du Nord:

 

Le suicide de Pauline, 12 ans, à Éleu-dit-Leauwette lundi soir, veille de la rentrée scolaire, continue de susciter une vive émotion et beaucoup d'interrogations. Cherchant à comprendre les raisons de ce geste désespéré, les parents accusent le collège où leur fille était scolarisée en sixième. Les langues se délient également chez des parents d'élèves, témoignant de situations de violences.

 

« En mémoire de Pauline, je voudrais que ça n'arrive plus jamais à une enfant de 12 ans », lâche Cathy Fourment, en pleurs. Si la cousine des parents de la jeune Éleusienne a désiré témoigner, elle le répète, c'est pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise au collège Jean-Jaurès de Lens, un établissement connu, selon elle, pour son climat de violence. N'arrivant toujours pas à comprendre le geste de l'adolescente, alors que les fêtes de fin d'année s'étaient déroulées normalement, celle que Pauline appelait « tata » et retrouvait pour une partie de pêche après les cours, se souvient de confidences. L'enfant, de nature plutôt réservée mais « douce, toujours souriante », lui aurait glissé « qu'elle n'allait pas bien, ne s'adaptait pas à l'école ».

Une impression contredite par le principal du collège, qui, interviewé mardi matin, parlait au contraire d'une enfant « intégrée », qui avait des camarades.Pascal Decaix a assuré ne pas avoir eu connaissance du moindre harcèlement dont Pauline aurait pu être victime. Cathy Fourment rajoute : « Il a suffi que son père lui dise " Faut aller se coucher, demain, y a école" pour que... »

Les parents de Pauline ont eux aussi souhaité réagir aux propos tenus par le principal, après avoir été entendus au commissariat hier matin. La mère, effondrée et indignée, a déclaré vouloir déposer plainte pour diffamation et non-assistance à personne en danger. « Un certificat médical établi en novembre avait démontré que Pauline avait reçu des coups, avait été traînée à terre par une bande de collégiens. Son professeur principal nous avait dit que tout était résolu, j'avais aussi rencontré le principal en décembre pour ça. Lundi soir, Pauline a dit à son jeune frère qu'elle avait peur d'aller au collège, qu'elle ne voulait plus s'y rendre », explique- t-elle d'une voix sanglotante.

Dans sa lettre d'adieu laissée peu avant son passage à l'acte, Pauline n'aurait pas seulement exprimé l'amour qu'elle portait à ses parents, mais aurait également évoqué « quelques détails » portant sur le collège, que l'enquête devra bientôt éclaircir. Les parents ont appelé toute personne qui aurait vu Pauline se faire agresser au sein ou en dehors de l'établissement, à déposer plainte au commissariat de Lens. À la sortie de l'établissement hier, certains élèves, proches de l'adolescente décédée, confiaient effectivementqu'elle était devenue le souffre-douleur de collégiens violents. Des propos étayés par des témoignages de parents d'élèves.

Pas un cas isolé ?

 

 

La mère d'une collégienne lensoise raconte la situation vécue par sa fille: « Ma fille était au collège Jean-Jaurès depuis la sixième . Elle a subi beaucoup d'agressions, de menaces de la part d'élèves de sa classe, à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement. Elle a fait une petite dépression, j'ai dû l'emmener chez le médecin. Mon mari est allé voir le principal, rien n'a été fait. J'en ai eu marre, j'ai demandé une dérogation pour la mettre au collège d'Harnes. Il faut attendre que quelqu'un se suicide pour qu'ils agissent, c'est honteux. Même encore à l'heure actuelle, ma fille fait des crises d'angoisse. Elle m'a dit hier "Tu vois maman, heureusement que je ne suis plus dans ce collège-là ". Pour la mémoire de cette gamine, il faut agir. »

La maman d'un élève de quatrième au collège Jaurès déclare mener le même combat depuis quelques mois. « Mon fils y est scolarisé depuis l'an dernier. Il est victime de harcèlement et de moqueries. J'ai dû le déscolariser durant trois semaines car il n'était plus capable d'aller en cours, il avait peur, mal au ventre. J'en ai parlé au principal, puis à la conseillère principale d'éducation. J'ai demandé une dérogation pour qu'on le change d'établissement, mais ils ont refusé car il était "dommage de perdre un bon élève", m'ont-ils dit. Mon fils a fait sa sixième au collège de la ZUP de Lens, qui est aussi en zone d'éducation prioritaire. Et là-bas, il n'y a jamais eu de souci. Si je n'avais pas vu que mon fils allait mal, il ne serait pas venu m'en parler spontanément. Et il aurait pu lui arriver la même chose qu'à cette pauvre petite. »

Contactés par nos soins, le principal du collège et le parquet de Béthune n'ont pas souhaité répondre à nos questions.

 

http://us.123rf.com/400wm/400/400/thorsten/thorsten0710/thorsten071000269/2005642-trois-singes-avec-diff-rents-visages--pas-de-parler-pas-de-voir-entendre-n.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by Rivarol blog - dans Actualités
commenter cet article

commentaires