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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:43

 

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Par Hannibal

 

Revenir près d’une semaine après sur les résultats du premier tour, la soirée électorale en particulier, cela a-t-il encore un sens ? Tant de choses se seront passées quand vous me lirez. Cependant, je crois quand même que cela peut servir, car les résultats et les commentaires de dimanche dernier caractérisent notre système politique, et que ce qui tue doucement la France est ce système politique.

    

 

Il y avait donc eu cette comédie de l’embargo. A quelle heure devait-on divulguer les résultats, quand les connaîtrait-on, etc. Personne ne semblait prendre garde qu’il suffirait d’instituer le vote électronique et de clore le scrutin pour tout le monde, quel que soit le lieu de vote, Tombouctou ou Contrexeville, à vingt heures heure de Paris, pour que le problème ne se pose plus. Mais c’était l’occasion pour tous de disserter sur la démocratie. Les uns faisaient valoir que depuis longtemps quelques happy few des media et de la politique savaient bien avant les autres et jouaient un jeu bien hypocrite, les autres avançaient que l’hypocrisie est l’hommage que le vice rend à la vertu, et qu’en publiant ce qu’ils savent, les « sachants » peuvent influencer certains votes, au mépris du droit et de la justice. Tels sont les débats qui agitent les beaux esprits de Paris, quand le peuple français, comme les autres peuples d’Europe, est en train de mourir. Et les mêmes se moquent des derniers Byzantins.

Le corollaire de cette querelle bouffonne fut la façon encore plus dérisoire que d’habitude de meubler la longue attente qui mène à l’annonce des premières estimations. On apprit ainsi qu’il faisait assez beau sur toute la France, que Nicolas Sarkozy était à l’Elysée, François Hollande à Tulle, que Marine Le Pen était dans son bureau.

  

Selon toute apparence, chacun peaufinait son premier discours après les résultats. Les shadocks, il y a longtemps, avaient pompé: les candidats peaufinaient. Les Français attendaient, leurs champions respectifs peaufinaient. C’était le mot de ce début de soirée. Les journalistes aussi ont leurs éléments de langage. Tout ce monde des candidats, ceux-là qui allaient décevoir, ceux qui allaient créer la surprise, ceux qui allaient faire la course en tête et ceux qui restaient confiants dans l’avenir, tout ce tout petit monde de Landernau lilliputien peaufinait. Au résultat, cela ne devait pas se voir beaucoup. Rien, pas le moindre souffle d’esprit ne passa dans leurs discours. Les Le Pen ne savent pas gagner. Jean-Marie Le Pen avait été mauvais comme un cochon au soir du 21 avril 2002, Marine Le Pen nous la joua triomphale, à la Déroulède, et personne n’y croyait. Comme disait Michel Serrault dans un film génial, La gueule de l’autre, ce n’est pas une question d’intensité, cela doit venir de l’intérieur. Hollande, qui s’était époumoné ridiculement pendant toute la campagne, donna dans le sobre. Il croyait faire homme d’Etat, il hésitait entre le commis d’épicerie et le clerc de notaire. Mélenchon jouait au grand tribun de synthèse, affichant son altermondialisme et son indignation européenne, pour mieux enfermer le candidat socialiste dans son soutien sans condition (on n’est pas plus subtil). Finalement, le moins mauvais était le président sortant, non qu’il fût vraiment convaincant avec son patriotisme de la onzième heure, mais l’on voyait qu’il ne voulait à aucun prix être sorti, et cette volonté farouche l’extrayait à demi de la médiocrité générale.

    

Et pendant ce temps là, une dette creusée par la droite et la gauche depuis 1981, une immigration sans mesure appelée par la droite et la gauche, par le patronat et par les syndicats, font mourir notre pays, la France. Comment sortir de ce système de mort ? Certainement pas par l’élection du six mai, d’ailleurs nulle élection ne suffira : il faut préparer une situation révolutionnaire, un discours révolutionnaire, et une force révolutionnaire. Cependant l’élection compte, en attendant. Elle compte pour amener le pays dans le meilleur état possible jusqu’au moment de la révolution, donner le plus de ressources possibles à la révolution nationale et gêner au mieux ses ennemis, de façon à conquérir quelques chances de gagner. Une question importante pour ces prochains jours est donc : que dois-je voter pour préserver au mieux la nation et ses défenseurs tout en affaiblissant le système ?

 

Eh bien, pour le savoir, si étonnant que cela paraisse, il faut écouter ce qu’ils disent. Contrairement à l’idée reçue, les hommes politiques sont sincères, c’est même cela qui les condamne. Alain Madelin, qui s’y connaissait en sottises, disait qu’on cherche toujours trop loin le sens d’une manœuvre ou d’une parole, le plus simple est souvent de prendre l’apparence pour la vérité. C’était d’ailleurs, considéré de l’autre côté, la recommandation de Richelieu: la meilleure ruse est de ne pas cacher son intention. Hollande veut vraiment imiter Mitterrand, donner le droit de vote aux étrangers, marier les pédés et les gouines (pas ensemble), faciliter l’euthanasie, aggraver les trente-cinq heures, dépenser, rengraisser le mammouth, etc. Sarkozy n’est pas trop dans ces idées-là, mais, en matière de mœurs, il tient compte des lobbies qui l’assurent qu’il manquerait sans cela de l’appoint de voix au centre nécessaire à passer. Vus sous un certain angle, l’un et l’autre sont comme coca et pepsi, concurrents mais semblables, vecteurs d’un même mondialisme, et Marine Le Pen a raison de le dénoncer. Vue sous le même angle, Marine elle-même, ayant fait sa petite génuflexion devant Israël et rejoint le politiquement correct en matière de mœurs, est une composante consciente du système, une soupape de sécurité du sentiment national résiduel, elle n’a plus rien à dire, et la nullité d’un Aliot, d’un Florent Philippot l’ont crié l’autre soir— des noms, et des personnages, à la Balzac, si l’on veut, mais de simples figurants: que dirait aujourd’hui Jean-Marie Le Pen, qui se plaignait de la médiocrité de son entourage! J’ai été l’un des premiers, je crois, dès 1998, à signaler les limites étroites de l’intelligence de sa fille, de sa culture, et, pour ces raisons, de ses convictions: c’est d’abord une tacticienne simpliste. Tout cela est vrai.

 

Mais, vu autrement, Hollande est aussi sincèrement socialiste, héritier et prisonnier de la tradition constante de la gauche française, Marine Le Pen, qui succède à son père, veut vraiment limiter l’immigration, Sarkozy aime d’une certaine façon la France, la meilleure preuve est qu’il en a convaincu Henri Guaino. On ne peut dénier un certain patriotisme, mieux un patriotisme certain, à cet étrange inca que les débats télévisuels énervent, tirent de son ironie et font bégayer, ce qui le rend assez sympathique. Cécile Duflot le mène au bord de l’apoplexie, mais il a quand même réussi à nous dire que Nicolas Sarkozy, notre grand frère qui est partout et s’active sans compter, avait à plusieurs reprises sauvé la France, l’Europe et le monde. Le monde, oui monsieur, c’est aussi simple que cela. Cela me rappelle une chanson des années soixante, de je ne sais plus quel groupe anglais, qui parlait d’un vieux radoteur: you know how Sir Geoffrey saved the world.

  

Faut-il départager les candidats restants, maintenant, ou laisser faire le destin, la force des choses, la pesanteur sans la grâce qui mène à François Hollande? Le refuge dans le vote blanc est une illusion depuis que les blancs et nuls sont comptés ensemble. Voter blanc, c’est voter Hollande, le candidat de l’immigration maximale. Voter Hollande, c’est voter le pire. Car il y a des degrés dans le mal politique. Je vais donc dire mon vote et l’expliquer, même si cela doit décevoir des lecteurs, et des journalistes, de RIVAROL, que je sens ou sais d’une autre opinion. J’ai voté Marine Le Pen au premier tour connaissant ses défauts et ses fautes, je voterai Nicolas Sarkozy au second, en toute connaissance de cause aussi. Voici pourquoi. […]

 

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Pour lire la suite, abonnez-vous, ou procurez-vous le PDF de ce numéro (vous pouvez aussi le commander en version papier) dans la boutique de RIVAROL. Le numéro sera en kiosque vendredi.

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Published by Rivarol blog - dans A lire dans RIVAROL
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commentaires

Sylvie 02/05/2012 19:10


Hollande n'est même pas encore élu que les étrangers peuvent déjà voter :


http://www.estrepublicain.fr/actualite/2012/05/02/une-burkinabe-a-vote-durp


Combien de "bourdes" de ce type en France ?

L'esthète 25/04/2012 18:39



C’est évident !!!!! Réélire Sarko et voir la gueule des degauches au soir du 6 mai, c’est ça le vrai plaisir. Un 21 avril à la puissance 10. Réfléchissez.