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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:10

 

La Voix du Nord :

 

Condamné à 1 000 euros d'amende avec sursis, le « maire gifleur » se dit « lésé » et « blessé »

samedi 18.02.2012, 05:29  - PAR FLORENT MOREAU (AVEC GÉRALDINE BEYS)

 Maurice Boisart hier au tribunal d'Avesnes-sur-Helpe. PHOTO « LA VOIX »
Maurice Boisart hier au tribunal d'Avesnes-sur-Helpe. PHOTO « LA VOIX »

| TRIBUNAL D'AVESNES-SUR-HELPE |

Le maire de Cousolre, Maurice Boisart, a été condamné à 1 000 euros d'amende avec sursis pour avoir giflé un adolescent de 16 ans qui l'aurait insulté. Il devra en outre lui verser 250 euros au titre du préjudice moral et 500 euros pour les frais de justice. Le tribunal a écarté l'état de légitime défense.

 

 

C'était hier vers 8 h 45, devant la salle d'audience numéro 3 du tribunal d'Avesnes-sur-Helpe : un père « satisfait », un maire « lésé » et, au milieu, une nuée de journalistes. Maire des 2 500 âmes que compte le village de Cousolre, Maurice Boisart, qui découvre à 62 ans les arcanes du monde judiciaire, a de nouveau été surpris par la tournure prise par l'« affaire » : celle qui l'oppose depuis deux ans à un adolescent, 16 ans à l'époque, giflé un après-midi d'été pour avoir injurié le maire qui venait de le sermonner, selon la version de ce dernier.

Préjudice moral

Voici quinze jours, l'élu était ressorti abasourdi d'une audience qu'il avait pourtant appelée de ses voeux - M. Boisart a refusé toutes les procédures de conciliation et de plaider coupable, considérant son geste malheureux comme un acte de légitime défense -, lorsque le procureur avait requis 500 euros d'amende, au motif que sa qualité d'édile le rendait « moins pardonnable » qu'un citoyen lambda et qu'il n'était pas question « d'autoriser tous les maires de France à donner des gifles à leurs administrés ».

 

M. Boisart espérait donc plus de compréhension de la part du juge et fut, à ce titre, déçu. Le tribunal a estimé que si l'attitude et les paroles du jeune homme avaient pu être perçues comme « provocantes » par le maire, elles n'étaient pas pour autant « de nature à justifier une réaction de violence, fût-elle légère ». Le juge a donc écarté l'état de légitime défense et déclaré Maurice Boisart coupable des faits de violence par personne dépositaire de l'autorité publique.

Compte tenu « des circonstances de commission de l'infraction et de la personnalité de Maurice Boisart » qui n'avait jusqu'alors jamais fréquenté les prétoires, la justice l'a condamné à 1 000 euros d'amende avec sursis et à verser 250 euros à l'adolescent en réparation de son préjudice moral.

 

Deux cent cinquante euros, c'est précisément le montant des dommages et intérêts que le jeune homme a dû verser au maire, en octobre, lorsqu'il a été condamné pour les insultes et menaces proférées après avoir reçu la fameuse gifle. « Ça revient à zéro partout », a brièvement commenté le père de la victime, « tout à fait satisfait » par la décision du tribunal qui a, selon lui, « tenu compte des contradictions et des mensonges » du maire. « C'est aussi un rappel que les élus, les notables (...) ne sont pas au-dessus des lois », ajoutait son avocat, Me Boudard.

 

M. Boisart, qui doit également régler les 500 euros de frais de justice du plaignant, tenait un discours radicalement différent : « Je me sens un peu lésé car je suis persuadé que j'étais en légitime défense, indiquait-il à sa sortie de la salle d'audience.

 

Dans ce contexte, rien ne l'empêche ce soir de recommencer avec ses copains. Ils ont gagné, le maire est coupable. » Insatisfait, « blessé », l'élu confirmait qu'il allait discuter avec son conseil municipal de l'opportunité de faire appel. « Quand je vois le soutien de la France entière, moralement je ne sais pas si j'ai le droit de laisser tomber. » Il a dix jours pour se décider.

 

 

N'eût-il pas été plus juste de condamner ce jeune insolent à des travaux d'intérêt généraux, et ses parents à une amende pour n'avoir pas réussi à l'élever correctement et s'en vanter par dessus le marché ? Le père se pavane et se dit satisfait du jugement. On ne sache pas qu'une gifle sur un garçon de 16 ans puisse laisser un traumatisme durable. Il est loin le temps où les écoliers punis par l'instituteur étaient sanctionnés aussi par leurs parents en rentrant chez eux...

 

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Published by Rivarol blog - dans Actualités
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commentaires

PhB46 18/02/2012 14:12


Comment faire pour soutenir ce maire ?