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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 09:36

 

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par Léon Camus:

 

 

Dame Histoire ignore, au contraire de Démosthène, l’art de se mettre des cailloux dans le bec pour lire à haute voix le récit chaotique du nouveau Siècle commençant… Constantes et invariants ou l’histoire recommencée! Ainsi l’affaire libyenne ressemble furieusement, sur le fond et non dans la forme bien entendu, à la crise de Suez de 1956 lorsque Nasser voulut nationaliser le Canal. Une alliance secrète, connue sous le nom de Protocole de Sèvres, lia Anglais, Français et Israéliens, qui aboutit à la jonction à Suez de trois corps expéditionnaires. A contrario de la situation actuelle, la Russie mit son holà et menaça de nucléariser les imprudents qui venaient impudemment empiéter sur sa chasse gardée du Levant. Les États-Unis, lesquels à l’époque guignaient férocement l’empire colonial français en pleine déliquescence (l’Indochine est perdue et l’Algérie s’est embrasée), rêvant de les remplacer dans leurs zones d’influence, envoyèrent eux aussi un ultimatum. Or quoiqu’en Libye la troupe hébraïque n’apparaisse pas et que les États-Unis soient de la partie, il existe malgré tout quelques similitudes troublantes entre les deux affaires, la seconde fleurant bon la revanche sur une aventure qui la première fois, cinq décennies auparavant, avait tourné au fiasco… l’Entente cordiale ayant viré à un condominium à trois sur la Méditerranée orientale (Israël, membre non inscrit de l’Otan, en est cependant un associé de plein droit), tout cela annonce de futures grands manœuvres pour l’appropriation des ressources des riches gisements d’énergies fossiles qui restent à exploiter sur l’autre bord de l’ex-Mare Nostrum. Reste que la totalité de l’histoire n’est pas encore écrite et que la victoire d’aujourd’hui pourrait bien à nouveau, comme au bon vieux temps, tourner au vinaigre: la création d’un Émirat islamique en Libye (à nos portes) n’étant pas une hypothèse absurde ou pire, un retour de flamme qui cramerait ensemble les rebelles et leurs séides otanesques.

 

Mais à tout saigneur, tout honneur, M. Strauss-Kahn continue à alimenter les gazettes et les tribunaux: Sud Radio animée par Robert Ménard vient en effet de faire l’objet d’une plainte pour délit d’antisémitisme pour avoir laissé dire sur son antenne que les coreligionnaires de D.S.K. auraient pu se mobiliser en sa faveur. Horresco referens. Au CSA l’affaire est prise très au sérieux et Rachid Ahrab, président du groupe de travail relatif à la déontologie des contenus audiovisuels (entendez de la correction politique, terme actuel pour désigner la Censure autogérée), examine «d’éventuelles sanctions». Sur le sol des Droits de l’Homme il ne fait pas bon dire que le soleil luit en plein jour et que les groupes de pression communautaristes sont puissants et agissants. L’avocat Cicéron dans l’une de ses plaidoiries désignait déjà, il y a deux mille ans, «ces gens dont on doit taire le nom». Éternel recommencent ou grande continuité historique?

 

UNE NOUVELLE AFFAIRE DREYFUS

 

D.S.K. sort donc “blanchi” de sa mésaventure, mais peut-être pas guéri. Blanchi peut signifier judiciairement exonéré d’une charge ou bien, au début du XXesiècle, une syphilis neutralisée. Un blanchissage qui s’obtenait à coup de composés mercuriels dont l’effet n’était pas curatif mais palliatif, c’est-à-dire en masquant les symptômes. Aujourd’hui le tréponème pâle a été remplacé par le VIH et le mercure par la trithérapie qui atténue l’infection mais ne l’éradique point… Car le New-York Post se demandait le 18 mai si D.S.K. ne sortirait pas, hélas, séropositif de sa mésaventure. Blanchi mais pas guéri disions-nous! D.S.K., pratiquant à tout-va le sexe à risque, conserve ses chances de confirmer dans l’avenir une réputation bien établie de dangereux récidiviste. C’est d’ailleurs en substance ce que disait l’ancien Premier ministre socialiste Rocard, lundi soir à l’occasion du Grand Journal de Canal+, le jugeant «atteint de maladie mentale»! Un pavé dans le marigot socialiste, un de plus. Cependant, comme la psychanalyse n’a jamais guéri en un siècle qui que ce soit, ce seront les tribunaux qui seront destinés ad vitam æternam à “blanchir” l’incurable ex-directeur du FMI. Et ce ne sont pas miss Banon et sa mère, Anne Mansouret qui le démentiront. Cette dernière, pour avoir eu «une relation consentie mais clairement brutale dans un bureau de l’OCDE, à Paris où D.S.K. était en 2000, Conseiller spécial du secrétaire général de l’organisation», le décrit sans ambages comme un redoutable «prédateur sexuel».

 

Il existe cependant une nuance entre être disculpé parce que la justice renonce à poursuivre et être innocenté. Oui, la justice américaine s’est défaussée se refusant à trancher. On imagine les pressions, voire les chantages, exercés sur le procureur new-yorkais élu, Cyrus Vance, sous le nez duquel d’affreuses carottes et d’horribles bâtons ont dû s’agiter. Ce pourquoi l’ex-mari de Carla Bruni Tedeschi, Raphaël Enthoven, brillant philosophe de bazar, a parfaitement raison de voir en D.S.K., dans une récente matinale de la station communautariste France culture, un nouveau Dreyfus… réhabilité à grand spectacle pour mieux escamoter le fait que la justice avait, là également, refusé de se prononcer. Car l’illustre Capitaine ne fut, lui non plus, jamais innocenté, mais simplement “gracié”.

 

Blanchi mais pas pour autant “innocent”! Une nuance qui échappe aux affidés de D.S.K. qui se répandaient au mois d’août sur France Inter. Le Guen qui hurlait au «déni de justice» a au moins le mérite de ne s’être jamais renié au contraire de ces personnalités qui varient avec le flux et le reflux de l’information au cours des différents épisodes du feuilleton. Ainsi les Bernard Debré, député UMP de Paris, reconnaissant qu’il avait été «trop vite» en qualifiant Dominique Strauss-Kahn «d’homme peu recommandable»… la palme revenant à Martine Aubry qui, la semaine dernière, avait fait part de son «immense soulagement» en apprenant l’abandon des poursuites contre l’ancien directeur général du FMI: «J’espère que ceci nous amènera aussi à respecter la parole de Dominique Strauss-Kahn». Amen. Cela pour mieux se dédire et donner mardi soir sur Canal+ un grand coup de barre féministe à gauche.

 

De toute évidence D.S.K. fait peur, ses partisans sont nombreux et sont disséminés au cœur du système. Et là encore l’histoire recommence à bégayer d’importance: souvenons-nous de l’attentat de l’Observatoire auto-organisé, qui eût dû couler définitivement la carrière politique de Mitterrand… un air de déjà vu, non? Un super comité d’accueil n’attend-il pas D.S.K. à Sarcelles, le petit doigt sur la couture du pantalon? À Washington ce sont sept cents personnes qui ont ovationné l’érotomane priapique en chef venu platement regretter son erreur avec des trémolos crocodiliens dans une voix cassée par le “cauchemar” qui venait d’être le sien…

 

Non, certainement D.S.K. n’est pas définitivement carbonisé. Parions sur son retour, lui le nouveau Dreyfus. Au demeurant, si l’histoire se répète, c’est le plus souvent en bouffonnerie après la drame absolu que représente une authentique affaire de trahison. Affaire qui a déchiré la France et servi de terreau à l’idéologie motrice ayant porté la création d’un nouvel État tentaculaire au Levant… ventre toujours fécond de tempêtes d’où sortira peut-être la prochaine guerre der des der!

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