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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 17:22

 

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UMP : le retour de la guerre des chefs

 

 

Guy mollet le disait déjà en son temps : nous avons en France la droite la plus bête du monde. Ainsi l’UMP n’a même pas été capable d’attendre le second tour des législatives pour afficher ses divisions. L’ancien Premier ministre François Fillon qui déteste viscéralement l’actuel secrétaire général du mouvement (ex ?) sarkoziste a fait part publiquement dans un entretien au Figaro-Magazine de son intention de présider l’UMP car, selon lui, le parti n’a plus de leader naturel depuis le retrait de la politique du président sortant. «Jean-François Copé est secrétaire général de l’UMP, il fait parfaitement son travail mais il ne peut pas prétendre être le leader de cette formation politique sans qu’il y ait eu un débat démocratique, sans que les militants se soient prononcés» a dit sur RTL celui qui fut cinq ans le locataire de Matignon. «Quelle hypocrisie!», s’est même exclamé François Fillon comme on lui faisait remarquer que Jean-François Copé appelait l’UMP à se concentrer sur les législatives. Les deux hommes devraient se disputer en octobre, lors d’un congrès qui désignera les instances dirigeantes, la direction d’un parti fondé en 2002 pour fédérer les différentes familles de la droite parlementaire. Mais que ces politiciens n’aient même pas pu attendre les résultats des législatives des 10 et 17juin pour afficher leurs ambitions et s’affronter publiquement en dit long sur leur mépris du bien commun. Si, comme ils l’ont dit tout au long de la campagne présidentielle, l’application du programme socialiste est une catastrophe pour le pays avec son cortège de hausse d’impôts, son laxisme et son immigrationnisme forcené, il faudrait logiquement tout tenter pour conserver la majorité à l’Assemblée nationale et empêcher ainsi la gauche socialo-écolo-communiste de disposer de tous les pouvoirs. Or tout se passe comme si l’UMP avait déjà accepté le fait qu’après dix ans aux responsabilités elle allait faire une cure d’opposition et qu’elle pourrait donc se laisser aller aux délices des petits jeux politiciens. En effet, celui qui contrôle l’UMP et sa manne financière— qui devrait cependant être sensiblement réduite à l’issue des législatives— se place en position idéale pour être candidat à la présidentielle de 2017. Car sans parti, sans argent, sans réseaux, sans puissants appuis, il est impossible de gagner dans les démocraties modernes.

 

L’ancien Premier ministre Alain Juppé qui, n’a, semble-t-il, pas renoncé aux plus hautes fonctions malgré sa condamnation naguère à une peine d’inéligibilité pour le financement illégal du RPR qu’il dirigeait avec Chirac via la ville de Paris joue les sages: «Nous sommes engagés dans une bataille législative qui peut nous conduire à la victoire et la condition de cette victoire, c’est bien sûr d’être rassemblés» a déclaré le maire de Bordeaux qui aura 72 ans en 2017. L’homme préféré de Jacques Chirac («le meilleur d’entre nous») se veut le rassembleur d’une formation tiraillée entre les postures relativement radicales et populistes de la Droite populaire et des courants plus centristes. En réalité, il n ‘y a aucune différence de fond entre Juppé, Fillon et Copé qui sont et seront toujours trois politiciens du Système. Mais leur positionnement politico-stratégique n’est pas le même : Fillon, tout comme Juppé, veut rassurer les centristes (Bayrou a d’ailleurs dit qu’il le préférait à Copé), le maire de Meaux veut, quant à lui, poursuivre la stratégie droitière de Sarkozy qu’il juge plus profitable électoralement. Mais les trois hommes ont une commune détestation de tout ce qui se rapproche de près ou de loin de la droite nationale et il ne faut pas compter sur eux pour proposer ou mettre en œuvre demain une politique alternative à celle des socialistes.

 

Au fond, l’histoire de la droite parlementaire ces dernières décennies, c’est d’abord celle de ses divisions et de ses trahisons. Guerre des chefs entre Chaban et Chirac, puis entre Giscard et Chirac, puis entre Chirac et Barre, puis entre Chirac et Balladur, puis entre Chirac et Sarkozy et aujourd’hui entre Fillon et Copé. Moins l’on a de convictions, moins l’on a de grands desseins pour le pays, moins l’on croit à quoi que ce soit, plus âpres, plus meurtrières, plus dévastatrices sont les ambitions personnelles. L’élection du président de la République au suffrage universel direct d’une part, le rôle de plus en plus déterminant des grands media audiovisuels d’autre part ont transformé les partis en écuries au détriment du débat d’idées. De sorte qu’un politicien peut parfaitement un jour se dire opposé au mariage homosexuel ou au droit de vote des étrangers et le lendemain y être favorable. Il n’y a plus aucune colonne vertébrale de nos jours de sorte que l’on ne peut mettre de manière inconditionnelle sa confiance en aucun parti, en aucune structure, en aucun homme prétendument providentiel. C’est pourquoi il est si difficile de s’engager aujourd’hui. Dès que l’on épouse une cause, que l’on fait confiance à une organisation, politique, religieuse ou syndicale, on est quasi systématiquement trahi par ses chefs qui n’hésitent pas à faire preuve de duplicité, à mentir et à manipuler pour parvenir à leur fin. Ainsi, pendant longtemps, le RPR était hostile à l’Europe supranationale, il s’y est rallié depuis Maastricht. Et ses militants qui étaient sincèrement nationaux ont fini par accepter ce changement de cap tant il est vrai que lorsqu’un chef trahit la plupart des membres de l’organisation continuent à le soutenir, certains par suivisme, par grégarisme, d’autres par lâcheté, d’autres encore par bêtise, d’autres enfin par intérêt. Disons-le franchement, les hommes de notre temps n’ont pas beaucoup de caractère et sont quasiment tous atteints par le subjectivisme et le relativisme ambiants, tant sur le plan moral que doctrinal. […]

 

 

jeromebourbon@yahoo.fr

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Published by Rivarol blog - dans Articles de J. B.
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