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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 16:53

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Sarkozy plus que jamais candidat

 

 

C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. Le 6 janvier Nicolas Sarkozy se rend à Domrémy pour le six-centième anniversaire de sainte Jeanne d’Arc. A trois mois et demi de la présidentielle le geste est éminemment électoraliste; il s’agit de séduire les nationaux et nationalistes qui vénèrent la sainte de la Patrie, celle qui en son temps résista aux envahisseurs. Déjà, lors de la campagne de 2007, il avait  visité le mont Saint-Michel, imitant ainsi la démarche de Jean-Marie Le Pen qui y était allé vingt ans plus tôt dans le cadre de la présidentielle de 1988. Sans doute doit-on cette idée à Patrick Buisson qui fut longtemps un proche du fondateur du Front national, eut un rôle important à Minute et participa au premier album Le Pen à la gloire du Menhir. On peut donc compter sur le chef de l’Etat pour droitiser son discours d’ici le premier tour du scrutin. N’a-t-il pas déjà exprimé devant des maires de la majorité reçus récemment à l’Elysée son opposition soudaine au droit de vote des étrangers aux élections locales? L’objectif est toujours le même: il s’agit de siphonner dès le premier tour l’électorat de la droite nationale et populiste.

 

Cela dit, l’exercice est beaucoup plus délicat aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Pendant la campagne présidentielle de 2007, bien qu’il fût ministre pendant quasiment tout le second mandat de Jacques Chirac, il réussit à se grimer en homme neuf susceptible d’apporter un vrai changement. Il avait su trouver les codes, les formules à même de séduire et de tromper une grande partie de l’électorat frontiste. En 2012, la tâche est beaucoup plus difficile car il est cette fois en première ligne. Chacun peut d’ailleurs se rendre compte que, sous le quinquennat sarkozien, la délinquance et le crime n’ont pas été jugulés, que les prélèvements obligatoires n’ont pas diminué et que le nombre d’allogènes ne s’est nullement réduit, bien au contraire. En décembre, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant feignait de se lamenter que chaque année 200000 nouveaux immigrés légaux s’installassent en France, soit, ajoutait-il, l’équivalent d’une ville comme Rennes. C’est donc cela la politique ferme en matière de flux migratoires de l’ex-maire de Neuilly! Devant les protestations de la gauche à la suite de ces déclarations, Guéant avait précisé le plus sérieusement du monde qu’il souhaitait réduire l’arrivée annuelle d’immigrés légaux de 200000 à 180000. Peut-on davantage se moquer du peuple français (ou de ce qu’il en reste)?

 

Conscient que la relative et temporaire radicalisation de son discours ne suffirait sans doute pas pour qu’il décroche à nouveau la timbale, le président de la République, critiqué pour son image d’homme nerveux, instable et virevoltant (Le Pen parlait d’écureuil s’agitant dans sa cage), a décidé de dramatiser la situation au cours de ses traditionnels vœux télévisés de la Saint-Sylvestre. Le visage grave, Nicolas Sarkozy, debout devant un grand drapeau français (l’emblème européiste aux douze étoiles était particulièrement discret cette année, une novation qui là non plus ne doit certainement rien au hasard), a évoqué tour à tour une économie mondiale «au bord de l’effondrement» depuis la faillite de banques new-yorkaises en septembre 2008 aux Etats-Unis, une «crise inouïe, la plus grave sans doute depuis la Seconde Guerre mondiale», des «circonstances exceptionnelles », le «destin de la France» qui peut «une fois encore basculer». Un discours aux accents gaulliens voire churchilliens soigneusement choisis pour convaincre les Français de le reconduire à la tête de l’Etat. Il devrait d’ailleurs annoncer sa candidature fin février ou début mars, la limite du dépôt des précieux paraphes au Conseil constitutionnel étant fixée au 16 mars. […]

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Published by Rivarol blog - dans Articles de J. B.
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