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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 15:14

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SARKOZY ET LA LYBIE : UNE INSUPPORTABLE INDECENCE!

 

 

Faute de pouvoir bénéficier des joies des bains de foule dans le pays dont il préside aux destinées, Nicolas Sarkozy se fait acclamer à Tripoli. Voir le chef de l’Etat français accueilli comme un héros, de même que le Premier ministre britannique David Cameron le 15 septembre en Libye, avait cependant quelque chose d’irréel. Certes l’Elyséen ne boudait pas son plaisir devant les slogans à sa gloire prononcés en anglais (one two three viva Sarkozy) sur son parcours: «C’est extrêmement émouvant de voir les jeunes Arabes se tourner vers deux grands pays d’occident pour leur dire merci. Ce qui prouve que l’affrontement entre l’Occident et l’Orient n’est pas du tout une fatalité.» On se serait cru dans une super-production hollywoodienne: Sarkozy et Cameron accueillis à l’aéroport par le chef du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil et le numéro deux de cette instance Mahmoud Jibril se sont en effet rendus en hélicoptère, accompagnés de leurs ministres des Affaires étrangères Alain Juppé et William Hague, dans un hôpital de la capitale libyenne où, devant moult caméras et journalistes, ils ont parlé avec des blessés et parcouru, dans une indescriptible cohue, les couloirs de cet établissement moderne non touché par la guerre, ce qui prouve soit dit en passant que la Libye de Kadhafi, comme naguère l’Irak de Saddam Hussein, était un pays pourvu des équipements les plus modernes et les plus sophistiqués et qu’il ne s’agissait nullement d’un pays misérable. Et pour ajouter à la mise en scène l’autoproclamé philosophe Bernard-Henri Lévy, l’un des défenseurs les plus acharnés de la guerre en Libye comme il l’avait été en Irak puis contre la Serbie, attendait les deux illustres visiteurs à l’entrée de l’hôpital. Tout ce beau monde, devant des Libyens émerveillés, a ensuite repris l’hélicoptère, survolant en rase-mottes des quartiers dévastés de Tripoli, pour se rendre à l’hôtel Corinthia, sur le front de mer, où une conférence de presse s’est tenue.

 

Dans son intervention Sarkozy a appelé «tous les pays» hébergeant des Libyens recherchés à les livrer et a affirmé que Mouammar Kadhafi, en exil depuis la prise de Tripoli, restait «un danger» et qu’il y avait donc «un travail à terminer», le Premier ministre britannique promettant d’aider à la traque du numéro un libyen déchu. C’est dire l’acharnement des chefs d’Etat et de gouvernement de France et de Grande-Bretagne qui ont indiqué que les opérations militaires continueraient tant que des villes ou des régions libyennes, notamment Syrte et plusieurs oasis du Sahara, resteraient sous contrôle des pro-Kadhafi. Preuve pour ceux qui en doutaient encore qu’il ne s’agissait pas d’intervenir pour protéger les opposants au régime du colonel contre ses violences supposées mais bien de renverser le système en place et de le remplacer par un régime qui serve les intérêts anglo-américains et israéliens. Chacun sait de surcroît que sans l’aide massive de l’Otan jamais les insurgés n’auraient pu parvenir à leurs fins.

 

Ces renversements de régime en cascade dans les pays arabes, qui finissent tous de la même façon, prouvent qu’aux yeux des mondialistes le temps des nations souveraines est révolu et que rien ne doit plus contrarier ou ralentir les menées de ceux qui mènent le monde. Il est loin le temps où l’on entrait en guerre contre un pays uniquement lorsque ses intérêts vitaux étaient en jeu ou pour répondre à une provocation ou un comportement très hostile; avec les théories des guerres préventives et des guerres humanitaires tout est désormais permis.

 

L’interventionnisme de Nicolas Sarkozy en Libye, ses coups de menton sont d’autant plus indécents que la situation économique et financière de la France et de l’Europe est des plus désastreuses car nous croulons sous le poids de la dette et des déficits (sait-on assez que l’impôt sur le revenu sert seulement à rembourser les intérêts pharamineux de la dette?) et nous sommes en état de faillite. Dans ses perspectives semestrielles rendues publiques le 20 septembre le Fonds monétaire international s’est lui-même montré particulièrement inquiet pour l’Occident. Il a révisé à la baisse ses prévisions pour les Etats-Unis (désormais 1,5% contre 2,5% en juin), pour l’Europe (1,6% pour la zone euro) et pour la France (1,7% en 2011 et seulement 1,4% en 2012, contre une prévision en juin de 2,1% et de 1,9%). La Grèce est venue assombrir encore davantage le tableau: le FMI a très nettement relevé sa prévision pour le pic de la dette publique d’Athènes, à 189% du produit intérieur brut en 2012 contre 172% dans sa précédente projection de juin. Dans ces conditions aller s’immiscer dans les affaires des pays arabes, participer activement à des renversements de régime et faire à tous la leçon relève d’une attitude particulièrement indécente.

 

jeromebourbon@yahoo.fr

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Published by Rivarol blog - dans Articles de J. B.
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