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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:29

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2013/01/31/eda9cd3a-6bc5-11e2-84d6-2dd0c64b2cb4-493x328.jpg

 

A lire dans le Figaro:

 

Pour quelques dizaines de milliers de dollars, les agences en pointe de cette étrange filière proposent des jeunes femmes triées sur le volet.

 

Elle ne veut pas d'enfant mais pense que ce serait «un gâchis» de ne pas «utiliser de si bons ovules»… Sourire enjôleur et décolleté avantageux, Jennifer, 29 ans, figure dans le catalogue de «plus de mille donneuses aux profils des plus exceptionnels et divers» proposé par l'agence américaine Egg Donation (Don d'ovule), «leader du marché». Chez CSP, elle aussi pionnière en matière de «création de familles», c'est la photo de stars comme Elton John que l'on met en avant: ce prestigieux centre de gestation pour autrui vient d'organiser la naissance d'un deuxième bébé pour le chanteur britannique et son compagnon.

  

Trente-deux ans d'expérience, plus de 1700 enfants dans 45 pays, 40 % de clients étrangers: CSP vante ses spécialistes «de premier ordre» dans tous les domaines et un bilan sans failles. «Nous avons environ la moitié de clients homosexuels, explique Sherrie Smith, administratrice du centre de la côte Est, dans le Maryland. Et en ce moment, une dizaine de couples français. Quel que soit leur pays d'origine (même ceux qui, comme la France, interdisent la GPA, NDLR), nous avons toujours réussi à faire rentrer les bébés chez eux.» Faire un bébé avec CSP, «c'est comme un voyage en Mercedes, résume un père comblé. Calme, efficace et fiable».

  

Dans ce monde décomplexé et dûment tarifé, l'aventure commence par une rencontre, via Skype, entre le couple et les représentants de CSP. Les femmes acceptant à la fois de donner leurs gamètes et de porter l'enfant étant très rares, «le centre travaille avec une agence comme Egg Donation, précise Kara, coordinatrice des mères porteuses chez CSP. La plupart de ces donneuses choisissent de rester anonymes». D'autres dévoilent leur personnalité sur Internet. Comme Jennifer, jolie blonde de mère allemande et de père norvégien, «niveau bac», qui «aime la cuisine mexicaine» et «ne dort pas avec une peluche»… Certaines acceptent d'être contactées à la majorité de l'enfant.

  

L'agence de donneuses, approchée par «plus de 10.000 volontaires chaque année», propose des «nouvelles recrues» chaque semaine. Pour être sélectionnée, il faut avoir entre «21 et 35 ans», être «en bonne santé, intelli­gente, attirante et responsable». «En plus de la gratitude des parents», la donneuse reçoit entre 5000 et 10.000 dollars… et l'agence, presque autant.

  

«État émotionnel bouleversé»

  

Chez CSP, la sélection des mères porteuses est tout aussi drastique: sur quelque 400 demandes reçues chaque mois, on en garde une douzaine! «On vérifie tous leurs antécédents, indique Kara, très fière d'avoir elle-même été deux fois mère porteuse. Les couples veulent une femme parfaite: jeune, grande, pas trop grosse, mariée, avec des enfants.» La plupart se font recaler «parce qu'elles posent trop de questions sur la rémunération, souligne-t-elle. Pour éviter la marchandisation des corps, on exige qu'elles soient indépendantes financièrement». D'autres ne sont pas sélectionnées car elles refusent un éventuel avortement, en cas de handicap ou de grossesse multiple, par exemple.

  

Fausse couche, handicap, avortement, déroulement de l'accouchement, tout est abordé lors de la première rencontre entre les futurs parents et la mère porteuse. Après une consultation de quatre heures avec un psychologue (210 dollars), le couple enchaîne sur une visite médicale. Il faut compter de 6000 à 10.000 dollars de frais d'avocats, notamment pour l'établissement d'un contrat entre les deux parties. Puis de 15.000 à 25.000 dollars pour chaque cycle de fécondation in vitro (FIV).

  

Lors du deuxième voyage aux États-Unis a lieu le transfert d'embryon. Un troisième, à six mois de grossesse, permet d'assister à une échographie. Et le quatrième est pour l'accouchement. L'enfant repart muni d'un passeport américain. Sur son acte de naissance figure, «pour les couples gays, soit le nom d'un seul père, soit les deux, selon la loi en vigueur dans leur pays d'origine», in­dique-t-on chez CSP. L'agence empoche un peu plus de 20.000 dollars.

  

La mère porteuse, elle, reçoit entre 25.000 et 35.000 dollars (ses tarifs augmentent à chaque grossesse). Plus 8.000 si elle est enceinte de jumeaux. «De nombreux couples, notamment les gays, qui rêvent d'un bébé chacun, expriment le désir d'avoir des jumeaux, témoigne le Dr Michael Feinman. Vu les dépenses et les efforts considérables, ils pensent que ce serait bien d'avoir “deux bébés pour le prix d'un”.» Mais les grossesses mul­tiples sont risquées… Toute une série de frais médicaux éventuels, détaillés sur deux pages, sont à envisager. La facture totale peut paraître assez «intimi­dante», convient l'agence, mais «le bonheur d'être parent» n'a «pas de prix»…

  

L'aventure, toutefois, ne ressemble pas toujours «à un conte de fées». Lundi, Nicole, 31 ans, a fait un test de grossesse. Elle exulte: elle est enceinte «d'un couple de gays français». Est-ce la même excitation que celle qu'elle a ressentie pour ses propres enfants, qui ont aujourd'hui 11 et 7 ans? «Pas du tout, lâche-t-elle. Eux n'étaient pas prévus. Pour eux, j'ai au contraire beaucoup pleuré…» Il y a trois ans, elle a aidé un couple américain. À l'accouchement, ce sont eux qui ont pleuré - de joie - et la séparation d'avec l'enfant s'est faite facilement. «Je l'aime comme une nièce», dit-elle de cette fillette, dont elle reçoit des nouvelles. Les 25.000 euros ont servi à rembourser les crédits de son pavillon. Mais après, il y a eu six tentatives pour un couple norvégien. Six échecs. Puis une fausse couche tardive. «Avec tous ces traitements, mon corps est fatigué, soupire-t-elle. Quant à mon état émotionnel, il est un peu bouleversé… Alors cette fois-ci, ce sera la dernière.»

  

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Published by Rivarol blog - dans Actualités
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