Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 11:31

http://info-resistance.org/wp-content/uploads/2011/11/guignol-hollande-229x300.jpg

 

A lire dans le RIVAROL de demain (n° 3033).

 

Un article de Hannibal, qui interroge Hollande.


 

La dernière fois que je l’avais vu, c’était un bonhomme de neige normal,. Ses lunettes, son nez en carotte, sont air un peu ébahi et très réfrigéré nous le faisaient trouver plutôt sympathique. Il a maigri depuis et conquis ses galons de candidat exceptionnel au Bourget. Il me fait l’honneur de me recevoir dans un des micro pores d’un agenda digne de Yannick Noah.

 

Rivarol : Vous avez désigné votre ennemi principal, la finance sans visage. Pensiez-vous à l’argent anonyme et vagabond? 

 

François Hollande : Je hais ces mots aux connotations fascistes. Ils commettent le grand péché, le péché sans rémission, qui est l’identification. Vous tentez de mettre un visage sur quelque chose qui n’en a pas, et ce visage que vous prétendez découvrir, on en connaît trop bien la caricature, on l’a vue des années durant dans le Stürmer et toute la presse antisémite.

 

R. : Cependant, ne pas mettre de nom sur l’adversaire, n’est-ce pas s’interdire de le combattre? La politique économique et sociale du Parti socialiste ne revient-elle pas à déposer une plainte contre X et aller prendre ensuite une tasse de thé?

 

F. H. : De vous à moi, la politique économique et sociale du Parti socialiste n’a pas plus d’importance que celle du Parti radical et des républicains opportunistes entre 1880 et 1914. Nous savons bien que notre marge de manœuvre est étroite comme la porte de Gide. Nous faisons des promesses comme en fit François Mitterrand en 1981, mais nous ne commettrons pas l’erreur d’essayer de les tenir pendant deux ans. Nous ferons tout de suite la politique des rentiers et des banques qu’on nous demande et que symbolise M. Moscovici, mon directeur de campagne, qui est en même temps vice-président du cercle de l’industrie, un des rendez-vous importants du lobbying des entreprises du CAC 40. Nous ne ferons rien pour restaurer l’économie de la France ni pour assurer son indépendance. Notre changement à nous, notre rupture, ce qui nous différencie un peu de Sarkozy, c’est que nous allons changer plus vite l’homme et la vie qu’il ne le fait.

 

R. : Vous avez pourtant dit que vous renégocieriez l’accord sur la dette!

 

F. H. : Et pourquoi pas le traité de Lisbonne ou les accords de Grenelle? Et supprimer le forum de Davos? Et supprimer nos liens préférentiels avec les Etats-Unis et Israël? Le Parti socialiste a des ambitions moins futiles que de redresser l’économie française, il entend agir sur la parole et le rêve, c’est-à-dire l’homme. 

 

R. : Pouvez-vous vous expliquer un peu plus ?

 

F. H.: Je pense à ce qui est une honte pour notre pays et une épine dans le pied de la République, le vote durable en faveur de l’extrême droite. Mes prédécesseurs n’ont jamais trouvé la bonne façon de réduire cette hernie. Bernard Tapie a voulu diaboliser les électeurs en les traitant de salauds, ce qui est inopérant. Nicolas Sarkozy a prétendu leur couper l’herbe sous le pied en affirmant qu’il règlerait le problème que le Front national soulevait. Il s’est lamentablement viandé. Le pire fut cependant Laurent Fabius: il a reconnu que Le Pen posait les bonnes questions, s’il ne donnait pas les bonnes réponses. Cela revenait à capituler en rase campagne, et il ne servait à rien, ensuite, de discréditer ses idées, puisque l’on prenait sa vision des choses comme base de travail. Ces stratégies convergentes sont radicalement fausses et néfastes. Ce qu’il faut faire, et que je ferai, c’est nier les réalités décrites par l’extrême droite, les tenir pour nulles et non avenues.

 

R. : Comment cela?

 

F. H. : C’est très simple, et les media s’y emploient tous les jours. Il y a des émeutes à Forbach, ils n’en parlent pas. Des voyous tabassent un homme et lui roulent dessus en voiture, ils ne disent pas de qui il s’agit. Et ainsi de suite. Vous ne saurez pas le nombre de voitures qui brûlent chaque nuit, ni la proportion de telle ou telle population dans les prisons françaises. La justice, la police, l’INSEE, toutes les administrations et les institutions concernées organisent cela depuis trente ans, et c’est cet effort quotidien de tous qui a permis de cacher au peuple français une réalité qu’il n’aurait jamais pu supporter. Proudhon disait jadis : la propriété c’est le vol: c’était une philosophie bien sommaire. Le socialisme d’aujourd’hui n’a pas peur de proclamer une devise bien plus ambitieuse: la réalité c’est le mal!

 

R. : A ce point ?

 

F. H. : Mais oui! Nous disons cela pour l’honneur de l’homme! Si vous regardez l’homme tel que nous l’a légué l’évolution, de la Syrie à Moscou et du Mirail à Marseille nord, même un Genevois un peu dur de la feuille comme Rousseau ne saurait prétendre qu’il est bon. Mais l’homme n’est pas un être, c’est un projet. Je suis furieusement existentialiste. J’écarte la réalité d’une main gauche mais ferme, j’assigne à la parole et au rêve la tâche de décider ce qui doit être, et un avenir tout rose s’offre alors à l’homme. Nous allons le façonner à notre image, et cela ne sera pas de la tarte.

 

R. : A quoi ressemblera-t-il ?

 

F. H. : Pour commencer, on effacera toute trace de la nature biologique. Dans l’immédiat, le mariage homosexuel sera proclamé, l’adoption par n’importe quel couple organisée. Cela, c’est le b.a.-ba. Ensuite, grâce à la théorie du gender, nous mettrons en pratique cette grande idée selon laquelle le sexe n’est qu’un choix social et personnel. Mais surtout, nous détruirons toutes les traces de l’ancienne oppression et de l’ancienne séparation entre les genres. A commencer par celles qui défigurent la langue française. La grammaire est fasciste, nous casserons donc la grammaire. Un exemple facile, le masculin ne l’emportera plus sur le féminin, l’accord se fera avec l’élément le plus proche dans la phrase. Ainsi dirons-nous: Nicolas et Carla sont belles, ou laides, selon ce qu’on pense. Il faut que la Halde ait compétence sur tout et tous, et sur le langage en premier lieu. Un ancien qui dira au jeune venu le consulter à propos de l’algèbre de Boole: c’est du chinois, ou, encore pire: c’est de l’hébreu, sera puni dans un premier temps de travaux d’intérêt général pour discrimination linguistique, et, en cas de récidive, ira en prison. Il faut occuper les dizaines de milliers de fonctionnaires que nous allons embaucher. […]

 

Pour lire la suite, ABONNEZ-VOUS !

Partager cet article

Repost 0
Published by Rivarol blog - dans A lire dans RIVAROL
commenter cet article

commentaires