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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 14:44

 

 

 

Lu dans Le Monde :

 

Des acteurs en "costumes d'époque" grossièrement incrustés sur des paysages du désert rejouent, dans un studio bas de gamme, la vie du prophète Mahomet : ce film amateur de mauvaise facture, nommé Innocence of Muslims ("l'innocence des musulmans"), avait tout, techniquement, pour passer aux oubliettes de l'histoire du cinéma. Et pourtant, en vingt-quatre heures, il a fait le tour de la Toile et enflammé l'Egypte puis la Libye, provoquant des violences ayant entraîné la mort de l'ambassadeur et de trois autres membres de l'ambassade américaine en Libye.

 

Loin de s'arrêter à la médiocre qualité du film, des milliers de personnes dans le monde arabe se sont offusquées de ce brûlot anti-islam. La bande-annonce de 13 minutes en anglais diffusée sur YouTube s'ouvre sur une scène où les forces de sécurité égyptiennes restent stoïques, alors que des musulmans pillent et brûlent les maisons de coptes égyptiens. L'histoire nous emmène alors à l'époque du prophète Mahomet, où celui-ci apparaît tour-à-tour comme un enfant bâtard, un coureur de jupons irresponsable, un homosexuel, un pédophile et un voleur assoiffé et cupide. Avec pour disciples des musulmans égyptiens au fort accent new-yorkais, qui se montrent particulièrement amoraux et violents à l'encontre des coptes.

 

Ce pamphlet a été réalisé et produit par un illustre inconnu qui s'est présenté à la presse américaine sous l'identité de Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de 54 ans originaire du sud de la Californie. Un pseudonyme selon son consultant pour le film, Steve Klein, et une identité qui pourrait avoir été construite de toutes pièces. Après avoir donné mercredi quelques entretiens téléphoniques à la presse, depuis un lieu inconnu, le réalisateur a disparu. Il se cache, a indiqué Steve Klein, tout comme d'autres membres de sa famille en Egypte.

 

Le film, dont la version intégrale dure deux heures, a été produit avec 5 millions de dollars levés auprès d'une centaine de donateurs juifs, a dit Sam Bacile. Pendant trois mois, à l'été 2011, 59 acteurs et une équipe de 45 personnes ont travaillé en Californie sur Innocence of Muslims. Mais Sam Bacile a affiché de plus grandes ambitions : "Je projette de faire une série de 200 heures" sur le sujet.

 

Dans un entretien téléphonique avec le Wall Street Journal, le réalisateur justifie sa démarche d'un laconique : "L'islam est un cancer." Sam Bacile dit avoir voulu aider Israël, son pays d'origine, en montrant au monde les défauts de l'islam. "Le film est politique. Pas religieux, se défend-il pourtant. Le principal problème est que je suis le premier à mettre à l'écran quelqu'un qui représente le prophète Mahomet. Ça les rend fou, s'est défendu Sam Bacile. Mais nous devons ouvrir les vannes. Après le 11-Septembre, tout le monde doit être jugé, même Jésus, même Mahomet, a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ont perdu beaucoup d'argent et de personnes dans leurs guerres en Irak et en Afghanistan, mais nous nous battons avec des idées", a-t-il déclaré au Sacramento Bee.

 

 

L'affaire est curieuse. Outre la bande-annonce absolument grotesque, le film a d'abord été présenté comme étant une production financée par les Juifs (voir ci-dessus), puis il s'est avéré que le réalisateur serait un copte égyptien... bien que le réalisateur en question, "Sam Bacile" ait affirmé que "tout le monde doit être jugé, même Jésus, même Mahomet". On a peine à croire qu'un copte, même résident aux Etats-Unis, ait fait courir à ses coreligionnaires égyptien le risque d'être encore davantage persécutés par les musulmans. Aussi serait-il bon de se poser la question habituelle, à qui profite le crime? ou encore, dans l'affaire qui nous occupe, que veulent ces donateurs juifs qui ont déboursé cinq millions pour un film d'une médiocrité difficilement égalable? Qui a sous-titré la version anglaise en arabe afin de la rendre accessible aux musulmans qu'on sait pourtant friands de fatwa et de représailles sanglantes?

 

Heureusement, Washington pose les questions qui comptent. L'attaque de leur ambassade à Benghazi leur paraissant orchestrée et nullement spontanée, la piste... d'Al-Qaida est soigneusement explorée.

 

"Il y a des détails encore assez flous, mais clairement on a la signature d'Al-Qaïda", a estimé le président républicain de la commission du renseignement au Congrès, Mike Rogers, interrogé sur la chaîne CNN. (source)

 

Depuis le 11 septembre, on n'entend guère parler que d'Al-Qaida, tandis que les intérêts d'un certain pays du Proche-Orient ne sont jamais explorés. Un pays qui regrette que les Etats-Unis ne soient pas décidés à attaquer l'Iran et qui a tout à gagner à susciter dans l'opinion publique américaine la peur de tout ce qui est musulman. C'est là que la personne de Sam Bacile, avec sa double identité de copte égyptien ou d'israélo-américain, selon les sources, devient particulièrement intéressante.

  

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Published by Rivarol blog - dans Actualités
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