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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 10:05

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Hollande a-t-il un boulevard devant lui ?

 

 

François Hollande sera-t-il élu dès dimanche soir représentant des socialistes à la présidentielle du printemps prochain? Ce serait une surprise, au moins relative, dans la mesure où six candidats se partagent les suffrages des sympathisants de gauche qui vont participer, moyennant un euro, aux primaires le 9 et éventuellement le 16 octobre. Cela dit, en novembre 2006, dans des primaires qui à l’époque étaient certes réservées aux adhérents à jour de cotisation du Parti socialiste, Ségolène Royal l’avait emporté dès le premier tour du scrutin avec plus de 60% des suffrages exprimés, malgré la concurrence de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius qui tenaient pourtant un discours plus construit, plus élaboré et pour le dernier plus à gauche (donc plus à même a priori de séduire la base) que celui de la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes. Mais Royal était il y a cinq ans la madone des sondages et les militants du parti à la rose avaient suivi massivement et docilement les résultats des enquêtes d’opinion, sans se soucier de programme, de doctrine ou de cohérence.


En ira-t-il de même cette fois-ci? Il est permis de le penser bien que le président du conseil général de Corrèze soit l’un des plus ternes des six candidats socialistes et qu’il ait fait plutôt pâle figure dans des débats télévisés, certes soporifiques, où Arnaud Montebourg et Manuel Valls, parce qu’ils avaient quelque chose à dire, ont plutôt mieux tiré leur épingle du jeu. L’ex-premier secrétaire du PS bénéficiera-t-il également de l’effet “victimisation” après que L’Express eut révélé que sa nouvelle concubine, Valérie Trierweiler, avait été l’objet d’une enquête conduite par des policiers de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris? En tout cas, ces révélations, vraies ou fantaisistes, n’ont pas été du goût du ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui a aussitôt annoncé son intention de porter plainte contre l’hebdomadaire pour diffamation. Il y a quelques années, Ségolène Royal avait, elle aussi, tenté d’apitoyer sur son sort le grand public après que son appartement fut à plusieurs reprises mystérieusement visité par des cambrioleurs qui ne dérobèrent quasiment rien.

 

Quoi qu’il en soit, la gauche est idéalement placée pour l’emporter cette fois-ci. La perte du Sénat et l’élection le 1er octobre, dès le premier tour du scrutin, à la majorité absolue, à la présidence du Palais du Luxembourg du socialiste Jean-Pierre Bel qui, comme beaucoup d’éléphants a un solide passé trotskiste, sont deux signes forts qui prouvent qu’une réélection de Nicolas Sarkozy, sauf changement soudain de la donne politique, est aujourd’hui un scénario hautement improbable. C’est si vrai que des dirigeants et cadres de l’UMP font officiellement appel au revenant Alain Juppé pour qu’il mène la bataille. Le renoncement soudain du centriste Jean-Louis Borloo à briguer la magistrature suprême, alors qu’il laissait clairement entendre jusqu’à ces dernières semaines qu’il irait jusqu’au bout de sa démarche d’autonomie à l’égard du président de la République montre également la panique qui s’est emparée de l’Elysée et des dirigeants de la majorité parlementaire.

 

Nicolas Sarkozy n’a pas suffisamment mesuré l’impopularité de la réforme territoriale qu’il a imposée et ne s’est pas souvenu que De Gaulle a perdu le référendum d’avril 1969, précisément en voulant révolutionner l’organisation territoriale de la France et en se mettant ainsi à dos des élus de son camp. Croit-on que les conseillers régionaux élus en 2010 pour un mandat de quatre ans au lieu de six auparavant aient été contents de ce brusque raccourcissement qui les pénalise financièrement? Idem pour les conseillers généraux élus en 2011, pour trois ans au lieu de six? Il était évident que cette réforme allait susciter une grande vague de mécontentement dont la gauche a largement profité. Si l’on ajoute à cela les chiffres du chômage qui repartent à la hausse, la mauvaise santé d’une économie grevée par le poids exorbitant des déficits et de la dette, l’augmentation des prélèvements obligatoires radicalement contraire à la promesse du candidat Sarkozy qui, en 2007, s’était engagé à réduire fortement les impôts et les taxes et également à diminuer la violence et à contenir l’immigration, il ne faut pas s’étonner de la situation actuelle.

 

Mais, comme nous l’avons déjà écrit, que la gauche l’emporte l’année prochaine n’arrangera en rien la situation politique, économique, démographique et morale de la France, bien au contraire. De toute façon, depuis longtemps déjà, le pouvoir ne se partage pas entre partis politiques ayant une doctrine, des principes, des objectifs et un programme fondamentalement différents. Nous sommes gouvernés par des bandes, des clans, des mafias (l’affaire Karachi en est une preuve parmi tant d’autres) qui n’ont d’autre souci que la sauvegarde de leurs intérêts matériels et qui, pour ce faire, conduisent la politique définie par les cénacles mondialistes. L’élection du président de la République au suffrage universel, le financement public des partis et la pipolisation des politiciens ont accéléré cette transformation de la politique française en un phénomène de bandes prêtes à tout pour conserver le contrôle du magot et se moquant éperdument du bien commun du pays.

 

jeromebourbon@yahoo.fr

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 16:28

 

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PERTE DU SENAT, AFFAIRE KARACHI:

 

 

SARKOZY DANS LA NASSE

 

 

Dimanche dernier le Sénat a basculé à gauche. A six mois de la présidentielle le symbole est désastreux pour la majorité et singulièrement pour le chef de l’Etat. En effet, depuis les débuts de la VeRépublique, jamais le Palais du Luxembourg n’avait connu une majorité de gauche, même s’il s’est parfois opposé vigoureusement à l’Exécutif (que l’on songe au combat de Gaston Monnerville contre Charles De Gaulle dans les années soixante et, dans une moindre mesure, à l’opposition que le Sénat manifesta envers les gouvernements socialistes, surtout lors du premier septennat de François Mitterrand). L’UMP a beau tenter de minimiser la raclée qu’elle a subie en expliquant que les gains des socialistes, des communistes et des Verts sont consécutifs aux victoires de la gauche aux dernières élections municipales, régionales et cantonales, il n’était pas évident que le Sénat changeât pour autant de camp dès cette année. C’est si vrai que jusqu’à ces derniers jours les dirigeants de la droite parlementaire étaient convaincus de garder le contrôle de la Haute Assemblée avec au moins une dizaine de sièges d’avance. En réalité, au-delà de la progression mécanique de la gauche liée à ses succès électoraux locaux, s’est manifestée dans ce scrutin réservé aux grands électeurs une fronde très nette contre le gouvernement et plus encore contre l’Elyséen. La réforme territoriale qui a été imposée au forceps, sans discussions, pour favoriser les intérêts exclusifs de l’UMP (du moins c’est ce qu’espéraient ses auteurs) a suscité une vague de mécontentements parmi les élus locaux qui en ont assez de n’être jamais ni écoutés ni consultés et d’être ainsi mis devant le fait accompli. La victoire surprise du dissident de l’UMP Pierre Charon à Paris, tout comme la défaite d’Isabelle Balkany dans les Hauts-de-Seine, sont un autre signe très clair de défiance envers le président de la République de la part d’élus pourtant estampillés UMP.

 

Théoriquement c’est Jean-Pierre Bel, le président du groupe socialiste au Palais du Luxembourg, qui devrait hériter le 1eroctobre du fauteuil de président du Sénat mais l’actuel titulaire, Gérard Larcher, qui dispose de solides réseaux maçonniques transcendant les étiquettes, pourrait peut-être créer la surprise, même si c’est l’Elysée a clairement indiqué qu’il fallait laisser les rênes de la Haute Assemblée à la gauche qui détient la majorité absolue (177 sièges sur 348). Cette nouvelle donne compliquera la tâche du gouvernement Fillon pour la fin de la mandature mais surtout, si comme c’est actuellement l’hypothèse la plus probable, le Parti socialiste et ses alliés conquièrent en 2012 l’Elysée, Matignon et obtiennent la majorité absolue à l’Assemblée nationale, la gauche disposera de tous les pouvoirs dans notre pays, ce qui est sans précédent depuis la IIIe République et elle pourra modifier la Constitution aussi souvent et aussi radicalement qu’elle le voudra. On songe notamment à l’octroi du droit de vote aux étrangers extra-européens, d’abord aux élections municipales, territoriales voire européennes et, pourquoi pas plus tard, à toutes les élections en vertu du principe de non-discrimination. Après tout les immigrés ont le droit de participer aux primaires socialistes du 9octobre, indication de ce que la gauche mettra en œuvre une fois aux responsabilités.

 

Une hypothèse d’autant plus sérieuse que l’étau se resserre autour du locataire de l’Elysée dans l’affaire Karachi. Depuis le 21septembre, deux très proches du chef de l’Etat— son ancien conseiller et ami Thierry Gaubert, frère de Patrick, l’ancien président de la LICRA, ainsi que Nicolas Bazire, témoin de son dernier mariage— sont directement dans le collimateur de la justice. Le premier, ci-devant responsable de la communication à la mairie de Neuilly du temps où officiait un certain Nicolas Sarkozy a été interpellé et mis en examen. Le second, directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon de 1993 à 1995, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour corruption liée à la vente de sous-marins au Pakistan en 1994. Plusieurs témoins entendus par le juge d’instruction Renaud VanRuymbeke ont ainsi incriminés les deux hommes dans le versement de rétrocommissions qui auraient servi à financer, l’année suivante, la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. Mediapart et Le Nouvel Observateur ont publié un témoignage accablant d’Hélène de Yougoslavie, ex-épouse de Thierry Gaubert, qui raconte que son ex-mari avait accompagné l’affairiste franco-libanais Ziad Takieddine en Suisse pour «aller chercher des valises volumineuses de billets», ajoutant que ces précieux bagages étaient directement récupérés par Nicolas Bazire. «Nicolas Sarkozy est au cœur de la corruption» conclut Me Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l’attentat de 2002 qui avait fait 11 morts au Pakistan— des salariés français de la Direction des constructions navales—. Me Morice explique que «lorsqu’il était ministre du Budget, Sarkozy a validé le système qui a permis le retour des commissions illicites».

 

L’élyséen est d’autant plus dans la nasse que son fidèle Brice Hortefeux, qui était pressenti pour diriger sa campagne présidentielle en 2012, s’est pris les pieds dans le tapis en téléphonant à son ami Thierry Gaubert pour lui révéler, angoissé, que son ex-épouse «balançait beaucoup». Si bien que Me Morice a porté plainte le 26septembre contre l’ex-ministre de l’Intérieur pour «subornation de témoin et entrave au bon fonctionnement de la justice». Si, contrairement à ce qui se passe d’ordinaire en pareil cas, l’affaire ne se dégonfle pas, le chef de l’Etat est dans de beaux draps. Au point qu’on peut se demander s’il pourra même briguer à nouveau la magistrature suprême.

 

jeromebourbon@yahoo.fr

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 15:14

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SARKOZY ET LA LYBIE : UNE INSUPPORTABLE INDECENCE!

 

 

Faute de pouvoir bénéficier des joies des bains de foule dans le pays dont il préside aux destinées, Nicolas Sarkozy se fait acclamer à Tripoli. Voir le chef de l’Etat français accueilli comme un héros, de même que le Premier ministre britannique David Cameron le 15 septembre en Libye, avait cependant quelque chose d’irréel. Certes l’Elyséen ne boudait pas son plaisir devant les slogans à sa gloire prononcés en anglais (one two three viva Sarkozy) sur son parcours: «C’est extrêmement émouvant de voir les jeunes Arabes se tourner vers deux grands pays d’occident pour leur dire merci. Ce qui prouve que l’affrontement entre l’Occident et l’Orient n’est pas du tout une fatalité.» On se serait cru dans une super-production hollywoodienne: Sarkozy et Cameron accueillis à l’aéroport par le chef du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil et le numéro deux de cette instance Mahmoud Jibril se sont en effet rendus en hélicoptère, accompagnés de leurs ministres des Affaires étrangères Alain Juppé et William Hague, dans un hôpital de la capitale libyenne où, devant moult caméras et journalistes, ils ont parlé avec des blessés et parcouru, dans une indescriptible cohue, les couloirs de cet établissement moderne non touché par la guerre, ce qui prouve soit dit en passant que la Libye de Kadhafi, comme naguère l’Irak de Saddam Hussein, était un pays pourvu des équipements les plus modernes et les plus sophistiqués et qu’il ne s’agissait nullement d’un pays misérable. Et pour ajouter à la mise en scène l’autoproclamé philosophe Bernard-Henri Lévy, l’un des défenseurs les plus acharnés de la guerre en Libye comme il l’avait été en Irak puis contre la Serbie, attendait les deux illustres visiteurs à l’entrée de l’hôpital. Tout ce beau monde, devant des Libyens émerveillés, a ensuite repris l’hélicoptère, survolant en rase-mottes des quartiers dévastés de Tripoli, pour se rendre à l’hôtel Corinthia, sur le front de mer, où une conférence de presse s’est tenue.

 

Dans son intervention Sarkozy a appelé «tous les pays» hébergeant des Libyens recherchés à les livrer et a affirmé que Mouammar Kadhafi, en exil depuis la prise de Tripoli, restait «un danger» et qu’il y avait donc «un travail à terminer», le Premier ministre britannique promettant d’aider à la traque du numéro un libyen déchu. C’est dire l’acharnement des chefs d’Etat et de gouvernement de France et de Grande-Bretagne qui ont indiqué que les opérations militaires continueraient tant que des villes ou des régions libyennes, notamment Syrte et plusieurs oasis du Sahara, resteraient sous contrôle des pro-Kadhafi. Preuve pour ceux qui en doutaient encore qu’il ne s’agissait pas d’intervenir pour protéger les opposants au régime du colonel contre ses violences supposées mais bien de renverser le système en place et de le remplacer par un régime qui serve les intérêts anglo-américains et israéliens. Chacun sait de surcroît que sans l’aide massive de l’Otan jamais les insurgés n’auraient pu parvenir à leurs fins.

 

Ces renversements de régime en cascade dans les pays arabes, qui finissent tous de la même façon, prouvent qu’aux yeux des mondialistes le temps des nations souveraines est révolu et que rien ne doit plus contrarier ou ralentir les menées de ceux qui mènent le monde. Il est loin le temps où l’on entrait en guerre contre un pays uniquement lorsque ses intérêts vitaux étaient en jeu ou pour répondre à une provocation ou un comportement très hostile; avec les théories des guerres préventives et des guerres humanitaires tout est désormais permis.

 

L’interventionnisme de Nicolas Sarkozy en Libye, ses coups de menton sont d’autant plus indécents que la situation économique et financière de la France et de l’Europe est des plus désastreuses car nous croulons sous le poids de la dette et des déficits (sait-on assez que l’impôt sur le revenu sert seulement à rembourser les intérêts pharamineux de la dette?) et nous sommes en état de faillite. Dans ses perspectives semestrielles rendues publiques le 20 septembre le Fonds monétaire international s’est lui-même montré particulièrement inquiet pour l’Occident. Il a révisé à la baisse ses prévisions pour les Etats-Unis (désormais 1,5% contre 2,5% en juin), pour l’Europe (1,6% pour la zone euro) et pour la France (1,7% en 2011 et seulement 1,4% en 2012, contre une prévision en juin de 2,1% et de 1,9%). La Grèce est venue assombrir encore davantage le tableau: le FMI a très nettement relevé sa prévision pour le pic de la dette publique d’Athènes, à 189% du produit intérieur brut en 2012 contre 172% dans sa précédente projection de juin. Dans ces conditions aller s’immiscer dans les affaires des pays arabes, participer activement à des renversements de régime et faire à tous la leçon relève d’une attitude particulièrement indécente.

 

jeromebourbon@yahoo.fr

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 19:02

 

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Hollande : encore pire que Sarkozy ?

 

 

Le ton monte entre les différents candidats à la primaire socialiste. A la traîne dans les enquêtes d’opinion, Ségolène Royal a choisi d’attaquer bille en tête ses concurrents dans Le Figaro, sachant que jusqu’au 9 octobre, jour du scrutin, il ne lui reste désormais que peu de temps pour refaire un retard que beaucoup jugent impossible à rattraper. «Le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en trente ans de vie politique? Une seule?» C’est dire l’estime de la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes pour celui qui fut plusieurs décennies durant son concubin et qui reste le père de ses quatre enfants. Depuis qu’elle avait appris en 2005 la tromperie de son compagnon, Royal a décidé de rouler pour elle-même et de se présenter à la présidentielle. Comme souvent, lorsqu’un couple se déchire, se disent sans ménagement des vérités dérangeantes. Il est vrai que François Hollande est un champion de l’immobilisme. Mais cette caractéristique lui a permis de diriger sans coup férir la rue de Solferino pendant plus de dix ans et cela explique qu’il ait si peu d’ennemis dans l’opinion, y compris parmi les électeurs du centre et de droite qui le préfèrent généralement à Martine Aubry jugée plus à gauche.

 

Justement Ségolène Royal qui regrette de ne plus être comme en 2006 la madone des sondages n’est guère plus tendre pour le maire de Lille à qui elle ne pardonne pas de l’avoir battue in extremis, dans des conditions certes douteuses, lors du congrès de Reims en novembre 2008, puisqu’elle lui reproche son “inexpérience” en matière électorale! La fille de Jacques Delors, inquiète elle aussi d’être distancée par son prédécesseur à la tête du parti à la rose, s’en est prise lors d’une réunion publique à Toulouse à l’actuel favori des enquêtes d’opinion: «Le vrai changement, ce n’est pas l’accompagnement ou l’aménagement. Nous ne battrons pas le président sortant sans une volonté et une clarté dans le changement. Si nous disons: “les emplois d’avenir, on verra”, “la sortie du nucléaire, on verra”, “le non-cumul des mandats, on verra”, je crains que les Français nous disent le jour des élections : “Voter pour vous? On verra.”»

 

On le sait, à sept mois d’une élection présidentielle, tout peut arriver. Les jeux ne sont pas forcément faits. En septembre 1980, Giscard était donné largement favori et c’est Mitterrand qui l’a finalement emporté le 10 mai 1981. Au début de l’automne 1987 Raymond Barre tenait la corde; il n’a finalement pas franchi le premier tour le 24 avril 1988. Début 1995 le Premier ministre sortant Edouard Balladur était tellement plébiscité par les sondages que certains, tel Nicolas Sarkozy emporté par son enthousiasme, le voyaient même gagner dès le premier tour, or l’hôte de Matignon n’atteint pas la finale de la compétition. En 2002, Chirac était tellement usé et décrié avec toutes les casseroles tintinnabulantes qu’il traînait derrière lui que la plupart des sondeurs pensaient que Lionel Jospin accéderait à la magistrature suprême. A cause d’un certain 21 avril, il n’en a rien été. Par conséquent, tout reste évidemment possible. On ne peut cependant s’empêcher de penser que François Hollande est celui qui a le plus de chances non seulement de remporter la primaire mais même de gagner la présidentielle. Même si Sarkozy remonte la pente au cours de sa campagne et parvient à mobiliser l’électorat de droite face au danger du retour de la gauche, il lui sera difficile de remporter à nouveau la timbale tant il a déçu et indisposé nombre de ses soutiens.

 

Si la perspective de la défaite de l’Elyséen ne nous attriste nullement, l’arrivée de la gauche aux affaires serait néanmoins catastrophique. Car bien que Hollande soit inodore et incolore et qu’il ne semble pas spécialement antipathique sur le plan humain, le programme qu’il mettra en œuvre sera des plus détestables. Il ne fait ainsi aucun doute qu’il accordera le droit de vote aux immigrés extra-européens dès les élections municipales et territoriales de mars 2014, et cela d’autant plus facilement si la gauche s’empare du Palais du Luxembourg à l’issue des sénatoriales du 25 septembre où les résultats du scrutin risquent d’être très serrés. Or cela aura des conséquences immédiates sur les performances des candidats de droite et surtout de droite nationale et rendra encore plus dérisoire le recours à la voie électorale. A preuve, à Anvers, le Vlaams Belang a ainsi perdu toute chance de conquérir la mairie depuis que le droit de vote a été accordé aux étrangers non européens outre-Quiévrain.

 

La gauche ne s’arrêtera pas là. Elle ira jusqu’au bout des réformes dites sociétales les plus folles. Nous aurons droit au mariage homosexuel et au droit d’adoption pour les invertis tandis que l’euthanasie sera très certainement légalisée. Enfin les drogues, improprement appelées douces, seront, elles aussi, dépénalisées. Il ne s’agit pas là d’exagérations de notre part. Il suffit de lire les programmes et les déclarations des socialistes et de leurs alliés Verts pour savoir ce qui nous attend. Il serait donc aberrant de se laisser abuser par la mine rassurante du président du conseil général de Corrèze qui, et c’est une preuve de plus que l’homme ne vaut rien, a toute la sympathie d’un certain Jacques Chirac!


 

jeromebourbon@yahoo.fr

 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 23:35

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Depuis le 11-Septembre tout leur est permis !

 

 

Dix ans après le 11septembre 2001, personne de sensé et ayant un tant soit peu d’esprit critique ne peut croire en la version officielle et quasiment obligatoire des attentats ayant atteint les Etats-Unis d’Amérique. Thierry Meyssan et bien d’autres avec lui ont démontré le caractère mensonger de la thèse qui continue à être colportée par les grands media occidentaux. Si pour l’heure la répression des sceptiques n’est pas aussi forte que celle des révisionnistes, si aucune loi d’exception n’a été adoptée contre les déviants, il ne fait pas bon cependant s’écarter de la vulgate. Meyssan a été contraint à l’exil, l’actrice Marion Cotillard et l’humoriste Jean-Marie Bigard ont dû quant à eux présenter leurs plates excuses pour avoir émis publiquement des doutes.

 

Nous avouera-t-on un jour que l’on nous a affreusement menti comme ce fut le cas en 2003 pour les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein et en 1990 à propos des bébés koweïtiens soi-disant enlevés de leur couveuse et tués par la soldatesque irakienne? C’est peu probable. En tout cas nul ne peut nier que ces attentats ont permis à l’Oncle Sam de redessiner le Moyen Orient à sa guise en mettant la région à feu et à sang. L’Afghanistan d’abord, puis l’Irak où George Bush fils a terminé le travail interrompu douze ans plus tôt par Bush père et désormais les menaces se font plus précises sur la Syrie, l’Iran voire la Turquie (cf. l’article de Léon Camus en page7). Si l’on ajoute que le Maghreb connaît depuis le début de l’année une succession de révoltes et de révolutions aussi soudaines que suspectes, de la Tunisie à l’Egypte en passant par la Libye, c’est bien tout le monde arabe qui est en train d’être reconfiguré, domestiqué, mis au pas. Et les premières victimes de ces grandes manœuvres, ce sont plus que jamais les Palestiniens qui non seulement n’ont pas droit à un Etat viable avec des frontières sûres et garanties mais de surcroît sont persécutés, harcelés, poussés au désespoir, mis en quarantaine par un nouveau mur de la honte et bombardés comme ce fut le cas lors de la guerre fin 2009 et début 2010 contre la bande de Gaza, laquelle subit toujours un blocus particulièrement inhumain.

 

Il faut dire que quelques heures seulement après les attentats du 11-Septembre où l’on avait comme par magie identifié aussitôt le coupable (Ben Laden), une image était particulièrement frappante, celle du Premier ministre israélien d’alors, Ariel Sharon, sourire aux lèvres, expliquant que désormais l’Amérique savait ce qu’était le terrorisme auquel son pays est confronté. Quelques semaines plus tard, le même homme confiait, faraud: «Nous tenons l’Amérique, et l’Amérique le sait.» Ce que l’Etat hébreu n’avait pu obtenir seul par les armes (et l’échec de l’agression contre le Hezbollah au Sud Liban a montré que, contrairement à la légende, Tsahal n’était pas invincible) est désormais  acquis grâce au 9-11: le chaos est installé un peu partout dans le Proche-Orient pour le plus grand profit de l’entité sioniste qui voit ainsi renforcée sa domination sur la région. Car depuis sa création en 1948 l’obsession de l’entité sioniste a toujours été d’empêcher autour d’elle la constitution d’un pays puissant sur les plans économique, politique, diplomatique et militaire.

 

La plupart des Occidentaux ne s’inquiètent pas outre mesure des bruits de bottes dans ces régions qu’ils jugent lointaines, pensant être épargnés par les répercussions de ces conflits. Pourtant la guerre appelle la guerre et cette multiplication des conflits n’augure rien de bon pour nous autres. D’autant que notre pays est malheureusement partie prenante dans la plupart des opérations: il a participé à la première guerre du Golfe en 1991, dix ans plus tard à l’invasion de l’Afghanistan — où nous sommes toujours englués — et cette année à l’expédition en Libye, suscitant ainsi une incompréhension générale voire des haines inexpiables dans les masses arabo-musulmanes. En cas d’exportation ou d’extension du conflit, la France serait d’autant plus touchée qu’elle est le pays d’Europe qui compte les communautés juive et musulmane les plus nombreuses. Il est de toute façon faux de penser que le Vieux Continent est depuis 1945 et à jamais une zone de paix. Les guerres en ex-Yougoslavie puis l’agression par l’Otan de la Serbie en 1999 ont prouvé que l’Europe elle-même pouvait être le terrain de conflits et de règlements de compte particulièrement atroces. Il serait dangereux de l’oublier.

 

jeromebourbon@yahoo.fr

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 09:32

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Rentrée 2011 : DSK blanchi, les Français servis !

 

«Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir». Cette célèbre maxime de La Fontaine extraite des Animaux malades de la peste, que nous avons souvent citée dans RIVAROL, s’applique parfaitement à l’affaire DSK. Fort de son impressionnant carnet d’adresses, de ses millions de dollars (et surtout de ceux de son épouse) qui lui ont permis de s’offrir les services des avocats les plus efficaces, des soutiens nombreux et fort bien organisés sur lesquels il a pu compter depuis le 14mai (il n’est que de voir l’incroyable complaisance dont ont fait preuve à son égard les grands media nationaux réussissant à convaincre une grande partie du public de l’innocence du second mari d’Anne Sinclair), fort aussi des mensonges et approximations de la chambrière de l’hôtel Sofitel, Dominique Strauss-Kahn est blanchi. Comme il l’avait déjà été par la justice française dans l’affaire de la MNEF où les charges qui pesaient sur lui paraissaient pourtant si lourdes qu’il avait dû démissionner le 2novembre 1999 du gouvernement Jospin dont il occupait la prestigieuse fonction de ministre de l’Economie et des Finances.

 

DSK n’aura jamais à répondre des actes commis dans une suite d’hôtel à Manhattan. Il aurait pourtant été intéressant de savoir pourquoi du sperme avait été retrouvé sur la femme de ménage et pourquoi cette dernière souffrait de diverses lésions constatées médicalement. On ne le saura probablement jamais. Pis, tout laisse à penser que Dominique Strauss-Kahn qui s’apprête à rentrer ces jours-ci en France peut parfaitement revenir demain dans le jeu politique. Sans doute pas dans le cadre des primaires socialistes où s’affrontent six candidats, Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Manuel Valls et le président du parti radical de gauche Jean-Michel Baylet (d’après un récent sondage 80% des personnes interrogées seraient hostiles à la participation de Strauss-Kahn à ce scrutin) mais pour autant il serait bien téméraire d’enterrer définitivement l’ancien directeur général du Fonds monétaire international. Vu le degré d’immoralité du monde actuel, un politicien peut-il se laisser aller à toutes les vilenies imaginables, se rouler dans la fange, commettre les pires crimes et délits, il n’est jamais totalement carbonisé. Il n’y a pas si longtemps les électeurs ont élu et souvent même réélu sans problème de conscience des personnalités aussi recommandables qu’un Mellick, qu’un Tapie ou qu’un Balkany. Frédéric Mitterrand, malgré ses confessions sordides sur son goût pour les “garçons” en Thaïlande, non seulement est toujours ministre de la Culture mais reste même, à en croire les enquêtes d’opinion, le membre du gouvernement Fillon le plus apprécié. Quant à Daniel Cohn-Bendit, en dépit de la complaisance avec laquelle il a raconté ses expériences érotiques dans un jardin d’enfants outre-Rhin, il a été brillamment réélu au Parlement européen, jouit lui aussi d’une forte popularité et n’est d’ailleurs jamais avare de donner son avis sur tous les sujets. Il est donc faux actuellement de croire à la sagesse populaire d’autant que les media sont là pour rééduquer, c’est-à-dire intoxiquer, ce qui reste de peuple français.

 

Si donc tout est bien qui finit bien pour ce Dreyfus du début du XXIesiècle, il n’en va pas de même pour la moyenne des Français qui, à peine rentrés de vacances (pour ceux qui ont pu en prendre), doivent faire face à une augmentation tous azimuts des prix. Non seulement beaucoup de «niches fiscales» sont d’ores et déjà supprimées, ce qui alourdira considérablement les prélèvements et encouragera les plus aisés à s’évader mais de plus le gouvernement a accru d’un coup la fiscalité sur le tabac, l’alcool, les boissons sucrées, les mutuelles, les plus-values immobilières et même les entrées des parcs de loisirs. Le Premier ministre a en effet annoncé la semaine dernière plus de dix milliards d’euros d’économies dans le budget. Il est rare qu’un gouvernement prenne des mesures d’austérité à moins d’un an d’élections présidentielle et législatives. C’est donc bien la preuve que la situation financière de notre pays est catastrophique et que l’exécutif craint à tout moment une dégradation de la note de la France par les redoutables agences de notation.

Mais il n’est pas que la situation des finances publiques qui soit désastreuse. Les impressionnantes émeutes ethniques qui ont ravagé l’Angleterre et sa capitale londonienne au cours du mois d’août (nous y reviendrons) prouvent de manière spectaculaire que c’est bien le monde blanc et (anciennement) chrétien qui est aujourd’hui menacé comme jamais et que le pire se produira tôt ou tard inexorablement. Tout est réuni pour que nous connaissions dans quelques mois ou tout au plus dans quelques années une catastrophe majeure. Il est important de s’y préparer mentalement car il faudra alors être vaillant. Au moment où s’ouvre la campagne présidentielle qui va mobiliser vainement des mois durant un temps, une énergie et des fonds considérables, il faut répéter que ce n’est pas de simagrées électorales que viendra le salut de la France. Notre pays ne s’est pas fait dans les urnes. Ce n’est certainement pas dans les urnes où d’évidence les dés sont pipés qu’il se refera.

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 16:40

 

 

Théorie du gender : la jeunesse en danger

 

 

http://www.rivarol.com/Rivarol_files/3010.jpgOn le sait, la rentrée scolaire est toujours l’occasion pour nos gouvernants et les lobbies qui les dirigent d’expérimenter voire d’imposer des réformes désastreuses. L’année 2011 ne faillit pas à la règle et la rentrée des classes début septembre promet d’être mouvementée pour les professeurs de SVT (Science de la vie et de la terre, le nom ronflant donné à la biologie) qui risquent de se trouver au coeur d’un débat enflammé. Certains refuseront peut-être d’aborder les trois chapitres controversés des nouveaux manuels exposant la «théorie du genre», ou gender, et seront traités de “réactionnaires” ou de «catholiques intégristes», voire persécutés par les collègues, les parents, la hiérarchie.

 

*

 

Les parents qui n’ont pas la possibilité d’inscrire leurs enfants dans un établissement hors contrat doivent absolument s’informer au sujet du nouveau programme officiel de SVT de la classe de première. Dans une matière que les élèves pensent être scientifique, ils étudieront en réalité un discours idéologique propre à satisfaire les associations LGBT. De la même façon qu’on leur enseigne en histoire à haïr la France coloniale et les idées nationales, on s’apprête à leur faire considérer l’hétérosexualité comme une orientation au même titre que l’homosexualité, et surtout— c’est la théorie du genre proprement dite— leur identité sexuelle (masculine ou féminine) comme l’objet d’un choix. Le manuel Bordas pour les séries L et ES affirme ainsi sans ciller que «le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et le contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre. Devenir un individu sexué fait partie intégrante de la construction identitaire.»

 

Si l’identité sexuelle est cette interaction entre sexe biologique et contexte socio-culturel, pourquoi diable est-ce à la biologie d’étudier le problème de cette identité? La biologie ne doit-elle pas se cantonner plutôt à son domaine, à savoir, selon ces manuels, la seule différenciation entre l’individu mâle et l’individu femelle? Le dessein des rédacteurs du nouveau programme est évident : puisque les discours angéliques contre l’“homophobie” ne suffisent pas, il s’agit d’enseigner deux fausses vérités scientifiques pour faire accepter les revendications gays.

 

La première, que l’identité sexuelle est librement choisie— les transsexuels ne peuvent dès lors plus être considérés comme des personnes marginales—; la seconde, qui en découle, que l’homosexualité ou la bissexualité sont des orientations au même titre que l’hétérosexualité. L’orientation sexuelle est d’ailleurs dans ce programme complètement séparée de l’identité sexuelle. Cette théorie fait perdre aux jeunes tout repère, alors même que les lycéens vont pour la plupart faire leurs premières «expériences sexuelles» dans les trois années qui mènent au bac. Il ne s’agit donc plus d’instruire, mais de pervertir, avec ces manuels qui tiennent plus du dépliant arc-en-ciel ou du manifeste du Planning familial que du livre scientifique.

 

Malheureusement, le changement des programmes n’est qu’une évolution logique dans une école déjà noyautée par les lobbys homosexualistes. Pas un couloir, pas une salle des professeurs, pas un CDI (bibliothèque) où l’on ne puisse en effet rencontrer une affiche qui promeuve ouvertement l’inversion des mœurs: «homo, hétéro, tous égaux», ou «Julie aime les filles. Mais elle n’aime pas les filles qui n’aiment pas les filles qui aiment les filles». Ces affiches, pour faire bonne mesure, représentent souvent un groupe de jeunes Black-Blanc-Beur… ou comment faire de l’antiracisme en même temps que de la propagande gay.

 

En cours de SVT, au chapitre “Reproduction”, qui était déjà le moment privilégié de la distribution de préservatifs et d’adresses de centres de Planning, il n’était en outre pas rare de voir les professeurs zélés inviter des associations homosexuelles. C’est désormais une obligation pour tous les professeurs d’aborder la question, et de l’aborder bien évidemment dans le sens du Système. Il ne s’agirait pas de prendre Philippe Isnard pour modèle et de proposer un débat honnête avec la présentation des arguments de deux parties adverses. Il faut certes que les élèves réfléchissent, mais en raisonnant à partir des vérités pseudo-scientifiques qu’on leur a exposées.

 

*

 

Pour se convaincre de la perversité de ces manuels, il n’est que d’en lire des extraits: «L’identité sexuelle est le fait de se sentir totalement homme ou femme. Et ce n’est pas si simple que ça en a l’air!» nous dit ainsi le manuel Hatier. «Cette identité dépend[…] du conditionnement social. En effet, chacun apprend à devenir homme ou femme selon son environnement, car on ne s’occupe pas d’un petit garçon comme d’une petite fille: on ne les habille pas de la même façon, on ne leur donne pas les mêmes jouets...»

 

Le discours est profondément malhonnête. D’abord, l’usage de la robe voire de la jupe, même pour les petites filles, tombe hélas en désuétude, et l’on voit désormais indifféremment garçons et filles en pantalons ou en jeans, réputés plus pratiques alors qu’ils sont d’une épouvantable laideur. Il est vrai cependant qu’on ne propose qu’aux petites filles, pour l’instant, des strings, des bikinis, et des poses lascives dans les pages de Vogue. Patience, le tour des garçons viendra. En tout cas, nul ne peut nier que les différences tendent à disparaître dans les tenues vestimentaires des enfants. Quant aux jouets, n’importe quelle mère pourra témoigner que les garçons s’intéressent rarement aux poupées de leurs soeurs, et que les filles ne demandent pas souvent des fusils, sabres, et autres engins de guerre pour leur anniversaire.

 

La malhonnêteté consiste plus profondément dans la relation de cause à effet qui est suggérée en filigrane : les filles seraient conditionnées à devenir des femmes dès la plus tendre enfance, via les jeux qu’on leur propose. Les rédacteurs du manuel écartent d’emblée l’idée que l’on offre tel ou tel jouet à un enfant après avoir constaté que l’il se portait plus volontiers vers telle occupation ludique que telle autre.

 

Un adolescent, même s’il a des frères et soeurs, n’a pas nécessairement fait le constat par lui-même de la différence patente de comportement entre filles et garçons, et l’argumentation du manuel peut lui sembler satisfaisante, il est donc fort probable qu’il soit convaincu par cette introduction. D’ailleurs, poursuit le manuel, nous avons la preuve que l’identité est une question culturelle, car il existe dans d’autres culture trois genres: l’homme, la femme, etc. Et là le livre est bien en peine de catégoriser le troisième genre: «une troisième catégorie, considérée comme ni femmes ni hommes(sic), tels que les berdaches Nord-Amérindiens ou les Fa’afafine en Polynésie: ce sont biologiquement des hommes mais qui se comportent de manière typiquement féminine.»

 

Ces tribus primitives doivent-elles donner le la à nos sociétés occidentales? Pas d’“homophobie”, en effet, chez les Indiens d’Amérique et les Polynésiens: «Mahus ou fa’afafines peuvent avoir une vie sexuelle et être en couple avec un homme ou une femme sans être considérés comme homosexuels, car ils constituent un véritable troisième genre.»

 

L’élève est aussi amené à s’émerveiller de ce que le singe bonobo ait des comportements sexuels «pas forcément liés à la reproduction», bref il faut comprendre que l’homosexualité n’est absolument pas contre-nature !

 

*

 

Comme tous les autres chapitres, ceux-ci comportent des exercices qui achèveront de graver dans la mémoire de nos chères têtes blondes (et crépues) la théorie abracadabrante. Dans un exercice de «vrai ou faux» du même manuel Bordas, l’élève doit réfléchir à la proposition C: «l’identité sexuelle peut être en désaccord avec le phénotype sexuel» et la proposition D: «il existe un stade chez l’embryon pour lequel il n’y a pas de différence entre un individu masculin et un féminin.» L’une des deux est exacte, la deuxième. Dans les sept premières semaines d’une grossesse, les organes sexuels du fœtus ne sont pas formés ; cela ne signifie pas pour autant qu’il n’est pas déjà un petit garçon ou une petite fille en puissance, puisque l’on sait que le sexe dépend d’un chromosome X ou Y donné par le spermatozoïde au moment de la conception. Cette vérité scientifique sert de justification au mensonge que l’on veut imposer à l’école: «l’identité sexuelle peut être en désaccord avec le phénotype sexuel.» Le manuel Hachette pousse l’absurde plus loin en écrivant, à côté d’une photo représentant deux homos hilares à la Gay Pride: «Tout le monde a le droit élémentaire à une sexualité épanouie.» A cette affirmation correspond aussi un exercice: «Expliquer pourquoi l’orientation sexuelle fait partie de la sphère privée.» Il est loin, le temps des calculs de la superficie du champ d’un agriculteur, ou du bénéfice de l’épicier exprimé en anciens francs!

 

On pourrait multiplier les exemples tous plus scandaleux les uns que les autres.(1) Simone Veil est bien sûr mise en avant ainsi que le féminisme ; est dressée une peinture caricaturale de la famille traditionnelle; un encadré intitulé «que pense la Bible de l’homosexualité?» affirme «l’Eglise ne condamne pas les personnes homosexuelles» en omettant de préciser que l’homosexualité y est absolument interdite et condamnée.

 

L’enseignement catholique sous-contrat— mollement— et des associations catholiques comme les AFC, ainsi que des membres de la FSSPX— plus vigoureusement—, ont protesté contre les nouveaux programmes et proposent des pétitions sur internet. Christine Boutin a rédigé une lettre ouverte au ministre de l’Education Luc Chatel afin de demander la révision des manuels avant la rentrée. Des questions écrites à l’adresse de Luc Chatel ont été rédigées par des députés UMP et publiées au Journal Officiel. Aucune réponse n’a bien évidemment été faite.

 

Ces demandes légitimes sont même attaquées par le syndicat UNSA Education pour qui «les associations familiales catholiques lancent leur nouvelle croisade. Elles ont décidé de s’en prendre aux programmes de première des SVT et, comme le rappellent les programmes, à l’acceptation des différences». Et le syndicat d’agiter le spectre de l’intégrisme et d’invoquer la laïcité. Les autres syndicats ne sont évidemment pas en reste.

C’est de toute façon l’affrontement du pot de terre contre le pot de fer, et l’issue ne fait pas de doute, faisant de l’école de la République, de plus en plus, une matrice de citoyens dociles : dociles face à la version officielle et obligatoire de l’histoire de France et de l’Europe, persuadés du bien-fondé d’une tolérance qui, en matière de moeurs, est une licence, et enfin convaincus non pas de l’égalité des races mais, anti-racisme oblige, de la supériorité de toutes sur la race blanche.

 

Pour les catholiques, elle devient de plus en plus l’école du diable; pour tous elle est une école de médiocrité, dont on sort au mieux inculte, au pire illettré, et, comme le débat sur le gender nous l’enseigne, programmé pour accepter sans réfléchir toutes les opérations de propagande, même les plus abominables.

 

Avant d’être politique, économique, sociale ou écologique, la crise inouïe que nous vivons est morale et spirituelle. Aucun redressement n’est possible sans le rétablissement des valeurs traditionnelles tant dans la vie individuelle que sur le plan collectif.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 16:19

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Affaire Karachi : Nicolas Sarkozy bientôt éclaboussé ?

 

 

Des informations importantes passent parfois inaperçues. Ainsi la perquisition menée discrètement le 5 juillet chez un très proche du chef de l’Etat, Thierry Gaubert, ancien secrétaire général de la mairie de Neuilly du temps de Nicolas Sarkozy et son bras droit au ministère du Budget de 1993 à 1995 (il était chef adjoint de cabinet), n’a fait l’objet que de brèves dépêches. Et pourtant le fait est tout sauf anodin. D’abord à cause du nom de la personnalité mise en cause. Thierry est en effet le frère de Patrick Gaubert, ex-président de la Licra (dont il est toujours le président d’honneur), à la tête actuellement du Haut Conseil à l’Intégration, ci-devant député européen et conseiller de Charles Pasqua lorsque ce dernier était ministre de l’Intérieur. Or Patrick Gaubert s’était vanté publiquement de faire disparaître tous les organes dits d’extrême droite grâce à une «répression foudroyante» lors de la deuxième cohabitation de la droite parlementaire avec François Mitterrand.

 

Si Gaubert n’a pu atteindre jusque-là ses objectifs, reste que l’hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne n’a jamais subi autant de procès que lorsque Edouard Balladur était à Matignon et Charles Pasqua place Beauvau. Alors que la droite institutionnelle avait voté en 1990 à l’Assemblée nationale (mais aussi au Sénat) contre la loi Gayssot sans toutefois oser saisir le Conseil constitutionnel dans le climat d’hystérie organisé autour du montage de Carpentras, de retour au pouvoir, dès mars 1993, elle en fit une application sourcilleuse et c’est d’ailleurs cette même année qu’Alain Guionnet, le directeur et fondateur de Révision, resta de longs mois en prison pour avoir contrevenu à cette législation d’exception.

 

Or, dans cette affaire Sarkozy-Balladur-Gaubert, les enquêteurs ne sont pas là face à un banal scandale politico-financier tels qu’il en existe tant sous la Ve République. Les policiers de la division nationale des investigations financières (DNIF) s’intéressent de très près au financement très opaque de la campagne présidentielle de Balladur en 1995. Les juges Roger LeLoire et Renaud Van Ruymbeke suspectent en effet un financement occulte et s’emploient à déterminer le rôle exact joué dans de nombreux marchés par Ziad Takieddine, un intermédiaire libanais très introduit dans les milieux politiques français et internationaux. Les policiers veulent connaître la nature des liens de ce dernier avec Thierry Gaubert, frère de Patrick.

 

Thierry Gaubert qui est, selon L’Express, une «personnalité du tout-Paris mondain» a su séduire des femmes dont la richesse est colossale : il a ainsi épousé en premières noces, Diane Barrière, ensuite remariée à Dominique Dessaigne. L’héritière du groupe Barrière est décédée des suites d’un accident d’hélicoptère. Thierry Gaubert a ensuite convolé avec la princesse Hélène de Yougoslavie. Il doit par ailleurs être jugé prochainement par le tribunal correctionnel de Nanterre pour abus de biens sociaux et escroquerie: il est soupçonné d’avoir utilisé de manière indélicate des fonds liés au 1% logement. Les policiers s’intéressent aux relations sulfureuses qu’il entretiendrait avec Ziad Takieddine.

 

Ce financier libanais paraît en effet être au cœur des nombreux contrats passés à l’époque d’Edouard Balladur avec la Libye ou avec l’Arabie Séoudite. L’enquête se concentre particulièrement sur le contrat Sawari II qui concerne l’achat par l’Emirat à la France de trois frégates de combat. Un très important contrat qui a, semble-t-il, fait l’objet de rétro-commissions servant à financer de manière illégale et immorale la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. L’arrêt soudain du versement des commissions à ces intermédiaires par Jacques Chirac, alors élu à l’Elysée, pourrait avoir eu des conséquences dramatiques puisqu’il serait directement à l’origine du sanglant attentat de Karachi au Pakistan, qui, le 8 mai 2002, a provoqué la mort de 14 personnes dont 11 employés français de la Direction des constructions navales (DCN). Une partie des services secrets pakistanais aurait organisé ces représailles pour riposter à l’attitude de Chirac coupant le robinet pour se venger de son frère ennemi Balladur. C’est dire la gravité de ce dossier. Nous sommes probablement face à une affaire d’Etat.

 

De toute façon le financement de la campagne de Balladur en 1995— où le grand honnête homme Charles Pasqua semble avoir joué un rôle important, ainsi que Nicolas Sarkozy qui était le porte-parole du candidat et son principal stratège— pose de nombreuses questions: vingt millions de francs en liquide ont ainsi été versés sur un compte de campagne. Pour se défendre, le dernier Premier ministre de François Mitterrand avait évoqué sans rire de l’argent recueilli lors de réunions publiques auprès de sympathisants. Mais comme le note Le Monde «l’explication semble peu convaincante».

 

Le quotidien vespéral a d’ailleurs révélé dans son édition du 9 juillet que ces sommes ne provenaient pas des fonds secrets dont disposait alors le chef du gouvernement, ce qui renforce objectivement les soupçons sur une origine “pakistanaise”. Le Libanais Takkiedine, personnalité influente dans le monde des affaires comme dans celui de la politique, est d’ailleurs souvent décrit par les gazettes comme proche de Nicolas Sarkozy, qui l’a reçu à l’Elysée à plusieurs reprises. En mars 2011, l’homme était arrêté à son retour de Libye avec 1,5million d’euros en liquide en sa possession. L’homme circulait avec des journalistes du Journal du Dimanche, qui venaient d’interviewer Mouammar Kadhafi, lequel a récemment déclaré qu’il avait financé la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007 et qu’il en apporterait les preuves.

 

Si l’affaire n’est pas étouffée comme c’est hélas généralement le cas dans ce genre de dossiers nauséabonds, l’actuel chef de l’Etat peut se faire quelques cheveux blancs.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 16:11

 

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1951-2011 : qu’ont-ils fait de la France du Maréchal ?

 

 

Le lundi 23 juillet 1951 s’éteignait Philippe Pétain. Six ans jour pour jour après le début de son procès devant la Haute Cour de justice (ou plutôt d’injustice). Six décennies se sont écoulées. Et l’on n’a toujours pas réhabilité le Maréchal. Ses cendres n’ont toujours pas été transférées à Douaumont. Au contraire, ces dernières années la situation s’est considérablement aggravée. Les dernières rues qui portaient encore le nom du Vainqueur de Verdun dans quelques rares villages de France ont été débaptisées l’an dernier. Le portrait du Maréchal qui figurait au même titre que tous les autres chefs d’Etat français, entre Albert Lebrun et Vincent Auriol, dans la salle des mariages d’une humble mairie du Calvados a également été décroché, le préfet aux ordres de la LICRA exigeant, comminatoire, que le maire s’exécute. Cet épisode est le dénouement d’une longue escalade. En effet auparavant François Mitterrand qui fleurissait chaque 11-Novembre la tombe du Maréchal a dû y renoncer en 1993 devant les pressions du lobby auquel rien ni personne n’ose plus résister. De grands procès qui rappellent à bien des égards ceux de l’Epuration n’ont eu de cesse d’alimenter la chronique judiciaire : ceux de Klaus Barbie, du milicien Paul Touvier, puis du haut fonctionnaire Maurice Papon, longtemps le plus vieux prisonnier de France comme le Maréchal fut le plus vieux prisonnier du monde. Car la haine ne recule ni devant l’âge ni devant la maladie. René Bousquet fut, lui, sauvagement assassiné à son domicile parisien par un déséquilibré qui croyait ainsi s’acheter un brevet de Résistance. Chaque semaine plusieurs émissions de télévision et de radio ressassent le discours convenu sur l’Occupation et sur Vichy. Et la France a été jugée officiellement coupable de complicité de crime contre l’humanité par ses plus hauts dirigeants, Jacques Chirac en1995 et Lionel Jospin en1997. Elle doit expier ses fautes, faire repentance. Et sans cesse donner des gages. La religion de la Shoah s’est substituée à la religion de la patrie.

 

UNE INJUSTICE QUI CONTINUE

 

Dans ce règne du mensonge et de l’imposture, le Maréchal Pétain doit être considéré comme un traître. Ainsi le serinent les media. Ainsi le répètent les manuels. Car si le personnage de LouisXVI a été en partie réhabilité, il n’en va pas de même de Philippe Pétain. Parce qu’il s’agit d’un passé plus récent et que les passions ne se sont donc pas encore apaisées? Peut-être. Mais surtout parce que le régime que nous subissons depuis 1945 tire sa légitimité de la disqualification politique, morale, intellectuelle et judiciaire du pétainisme et ne reconnaît donc aucun mérite au Maréchal. Au contraire. Plus ce régime s’enfonce dans le scandale, plus il manifeste sa nocivité, sa malfaisance intrinsèque, plus il éprouve le besoin de diaboliser la personne, l’action et la pensée du Maréchal. C’est pour lui une question de survie. Il doit sans cesse réactiver la haine dont il est sorti et qui le fait vivre.

 

Et logiquement la diabolisation de Philippe Pétain s’étend jusqu’aux valeurs qu’il a affirmées, jusqu’aux principes qu’il a fait siens. De sorte que quiconque entend défendre la patrie, exalter le travail, honorer la famille, promouvoir la religion est aussitôt traité de pétainiste. C’est-à-dire dans le langage médiatique de complice des nazis et de la solution finale. C’est ainsi que le régime en place installe une terreur intellectuelle qui compromet toute renaissance nationale. Alors que l’action menée pendant quatre ans par le Maréchal reste à bien des égards un modèle.

 

TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE

 

Il n’est en effet pas difficile de voir où nous ont conduits ceux qui ont pris l’exact contre-pied de ce qu’a tenté l’Etat français de1940 à1944.

Le Maréchal avait honoré le travail, en avait rappelé dans ses discours l’éminente dignité. C’est, disait-il, «le moyen le plus noble et le plus digne que nous ayons de devenir maîtres de notre sort ». La Révolution nationale était inséparable dans son esprit de la Révolution sociale. Aussi la Charte du travail définissait-elle, dans une perspective neuve et hardie, les rapports entre patrons et salariés dans la communauté de l’entreprise, en rejetant à la fois le dogme ruineux de la lutte des classes et le dévergondage d’un libéralisme incontrôlé. Vichy institua le 1er-Mai fête du travail et des travailleurs afin d’œuvrer à «l’union et à l’amitié » de tous les Français. Or, après soixante-sept ans de régime gaullo-communiste, qui a encore l’amour du travail bien fait ? Les gazettes sont pleines d’articles faisant l’éloge de la paresse. L’on a réduit le travail à trente-cinq heures, on parle de le ramener à trente. En attendant mieux… On encourage les gens à ne pas travailler. En multipliant des aides et des allocations distribuées sans discernement ni contrôle. En prélevant sur les revenus des sommes telles qu’on décourage l’effort et qu’on tue l’initiative. En permettant aux gens de gagner facilement des gains substantiels grâce à des jeux qui ne cessent de croître en nombre et en imbécillité : « Voulez-vous gagner des millions?», tel est significativement le titre d’une émission de télévision. Or, la civilisation de loisirs n’a jamais rien créé. Elle est un signe de décadence.

 

Le Maréchal avait promu la famille. En créant la Fête des Mères. En encourageant moralement et matériellement les familles nombreuses. Le fameux baby boom n’a-t-il pas commencé sous son régime ? C’est que, disait le chef de l’Etat, «l’individu n’existe que par la famille dont il reçoit avec la vie, tous les moyens de vivre». Et, ajoutait-il, « les époques où l’individualisme a fait loi sont celles qui comptent le moins d’individualités véritables ». Que ne dirait-il aujourd’hui, alors que l’institution familiale est parodiée, éclatée, décomposée, recomposée, que s’élabore un nouveau droit de la famille ouvert à toutes les perversions, à toutes les excentricités, que l’on introduit très officiellement dans l’enseignement dès la rentrée scolaire 2011 la folle théorie des gender selon laquelle l’identité sexuelle est librement choisie par l’individu ? A quoi sert-il à l’homme grâce aux techniques nouvelles de fabriquer la vie s’il en a perdu le sens? On a fait croire qu’il était obsolète de parler d’engagement, de parole donnée, de fidélité, de loyauté, d’honneur, d’effort, de dévouement et de sacrifice. Moyennant quoi on a précipité le malheur des gens: dépressions, drogue, divorces, suicides, actes de barbarie sans nombre, tels sont les fruits amers de la perte des valeurs et des repères les plus élémentaires.

 

Le Maréchal avait défendu la patrie. Qui l’a mieux aimée, qui l’a plus servie que lui? Et qui en a été aussi peu, aussi mal récompensé? Car il n’avait pas besoin de se faire comme De Gaulle «une certaine idée de la France», il l’aimait charnellement. Intensément. Il en aimait les routes. Ah ces routes du pays d’Artois mystérieuses, changeantes, pleines du pas des hommes! Ce fils de paysans aimait la terre de France, il aimait les paysages, les forêts, les coteaux de notre pays. Il en aimait les gens. D’où sa volonté d’économiser les vies humaines lors de la Première Guerre mondiale. D’où son souci constant d’améliorer les conditions de vie de ses chers Poilus. En ne laissant rien au hasard. En veillant à la qualité de la cuisine, de l’hygiène. En remontant le moral des troupes. Car à la différence d’un général de brigade à titre temporaire, il n’a jamais désespéré des Français; il ne les a jamais traités de « veaux »; même lorsqu’à son retour en France en avril1945 bien peu de nos compatriotes sont venus le soutenir, lui dire leur sympathie, leur gratitude; que restait-il alors des quelque cinq cent mille Parisiens qui s’étaient pressés pour l’acclamer quelques mois plus tôt? Même quand il fut abandonné de (presque) tous, il n’a jamais douté de son peuple, ne l’a jamais méprisé.

 

LA LIQUIDATION DE SON HÉRITAGE

 

Qui peut sérieusement douter que le Maréchal ait servi au mieux les intérêts de la France, qu’il ait essayé d’adoucir au maximum les souffrances de ses compatriotes dans des conditions extrêmement difficiles? Un court instant, il a même réussi ce miracle de rassembler autour de sa personne et de son action tous les Français, eux si naturellement enclins aux divisions et aux discordes. L’ambition et l’orgueil de quelques-uns, les aléas de la guerre, les passions humaines n’ont hélas pas permis de maintenir une unité nationale qui ne s’est toujours pas reconstituée depuis lors.

 

Ses successeurs à la tête de l’Etat ont bradé son héritage sans vergogne ni remords de conscience. Le drapeau national qu’il avait maintenu malgré les contraintes de la défaite et de l’Occupation, et qui figurait autrefois dans tous les dictionnaires à la première place est désormais relégué à la soixantième entre la Finlande et le Gabon tandis que l’emblème européiste à douze étoiles occupe le premier rang du protocole. L’empire colonial qu’il avait maintenu intact a été démembré, dépecé dix ans à peine après sa mort par celui-là même qui l’accusait d’avoir trahi les intérêts français. Le Maréchal laissait une France française (lorsque les actualités de l’époque nous montrent les voyages du chef de l’Etat français en province, l’on observe des gens de tous âges, de toutes conditions, mais tous de race blanche !); aujourd’hui elle est métissée, mélanisée, défigurée. Et elle s’est aussi américanisée en même temps que marxisée, tout à la fois laïcisée et islamisée… S’il n’est plus d’armée étrangère qui occupe militairement notre pays, il est d’autres formes d’occupation. Plus insidieuses, plus redoutables. Celle d’une immigration de masse qui en détruit la substance corporelle, culturelle et spirituelle. Celle d’une idéologie mortifère qui promeut le désordre, qui exhorte à la haine et qui ne se complaît que dans le vice, la laideur et la destruction. Et si la France n’a pas connu récemment de grandes défaites militaires, il est d’autres défaites. Plus pernicieuses, plus angoissantes encore. Celles qui consistent à abdiquer son idéal de grandeur et de générosité, à ne plus croire en son destin, à ne plus avoir la force de haïr « ces mensonges qui nous ont fait tant de mal ».

 

Le Maréchal laissait une jeunesse belle, fière et ardente qu’il avait contribué à éduquer à travers les Chantiers de jeunesse, Uriage, les Centres de jeunes travailleurs. Il disait de l’école française qu’elle ne devait plus « prétendre à la neutralité». Car, ajoutait-il, «la vie n’est pas neutre ; elle consiste à prendre parti hardiment. Il n’y a pas de neutralité possible entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, entre la santé et la maladie, entre l’ordre et le désordre, entre la France et l’Anti-France». Les puissants qui nous gouvernent ont compris le danger que pouvait représenter une jeunesse croyant en un idéal. Alors ils ont fait tout ce qui était possible pour l’avilir, la pervertir. Par l’étalage nauséabond de la pornographie. Par la promotion de toutes les déviances. Par la diffusion de la drogue. Par une école et des media qui lui apprennent la haine de la France, l’oubli de son passé, de ses racines.

 

L’ESPÉRANCE SUR LES RUINES

 

Et pourtant, aussi bas que nous soyons tombés, il ne faut pas perdre l’espérance. La France est un miracle permanent. Combien de fois a-t-elle été menacée dans son existence, dans sa pérennité ? Elle s’est aussitôt relevée. Il y eut toujours une sainte Geneviève, une sainte Jeanne d’Arc pour inverser le cours de son histoire et redresser une situation apparemment désespérée. Et en juin40 il y eut un maréchal de France pour indiquer la voie de l’espérance après que notre pays eut connu la plus grande défaite militaire de l’histoire avec ses cent-vingt mille morts et ses deux millions de prisonniers en quelques mois. Sans doute ne voyons-nous pas trop comment serait désormais réalisable une résurrection nationale. Or, s’il nous est donné de vivre à ce stade de l’histoire de notre pays, de notre continent, de notre civilisation, cela a forcément un sens. Le sacrifice du Maréchal ne peut pas avoir été tout à fait vain. Il n’est pas totalement  impossible qu’à l’occasion d’une grande catastrophe comme celle de 1940 les Français (ou du moins certains d’entre eux) se réveillent enfin de leur léthargie, prennent conscience de leur avilissement. Et quand bien même cela ne se produirait-il pas il faut croire que subsistera toujours une petite minorité de Français lucides, courageux, inaccessibles au découragement. Là réside toute notre espérance.

 

De cette vertu théologale nous savons avec Péguy qu’elle est cette « petite fille qui marche entre ses deux sœurs aînées la Foi et la Charité», avec Bernanos qu’elle est « un désespoir surmonté », qu’elle «est au pied de la Croix sous la garde des saints». Et s’il est vrai que comme le dit l’Apôtre il faut « espérer contre l’espérance même», alors nous l’empoignerons à pleines mains, priant le Maréchal de nous aider à demeurer fidèle à son exemple, à son message, à sa mémoire (car nous aussi nous avons un devoir de mémoire!) Que de la patrie céleste où, n’en doutons pas, lui sont enfin rendues la justice et la gloire que lui a refusées sa patrie terrestre, il veille avec toute la cohorte des soldats, des saints, des héros et des martyrs sur notre malheureux pays aujourd’hui humilié et trahi ! Qui sait si son intercession ne permettra pas un jour à la France souffrante de redevenir la France triomphante ?

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 16:47

Overblog faisait des siennes hier après-midi, d'où la mise à jour de l'article ce matin.

 

 

rivarol 3008

 

 

ON LE savait déjà : Israël se croit (et se sait) tout permis. La semaine dernière près de 600 militants pro-palestiniens, dont 300 Français, devaient participer à lʼopération « Bienvenue en Palestine » qui entendait marquer lʼanniversaire de la décision de la Cour internationale de Justice (CIJ), déclarant en juillet 2004 illégal le mur de la honte construit par Israël en Cisjordanie. Seule une centaine de personnes, que la presse israélienne a surnommées flytilla en référence à la flottille pour Gaza, ont réussi à rejoindre la Cisjordanie car, chose incroyable, lʼentité sioniste est parvenue à bloquer de nombreux passagers plus en amont, en Europe, en dissuadant le 8 juillet plusieurs compagnies de les laisser embarquer. Israël a osé demander aux compagnies aériennes la liste de leurs passagers 48 heures avant le décollage des vols. Elle a aussi remis aux compagnies une liste de 342 personnes indésirables, les avertissant quʼelles seraient aussitôt refoulées aux frais des compagnies. La liste a été établie par les services secrets en relevant sur les réseaux sociaux les sympathisants les plus convaincus de la cause palestinienne. Mais le plus inouï, cʼest que les compagnies aériennes ont obtempéré sans barguigner partout en Europe, obéissant à un ordre totalement illégal. Plusieurs militants se sont ainsi vus refuser lʼenregistrement à Roissy, à Genève, à Vienne et à Berlin. Des dizaines dʼentre eux ont manifesté le jour même à lʼaéroport de Roissy-Charles de Gaulle mais en vain. Afin de pouvoir former un recours contre une interdiction en effet totalement scandaleuse, ils ont réclamé aux compagnies aériennes un document nominatif stipulant cette interdiction de vol et le remboursement de leur billet.

 

QUEL ÉTAT au monde pourrait-il se permettre dʼagir ainsi sans encourir aussitôt les sanctions les plus lourdes ? De toute façon, si une autre puissance faisait pression sur des compagnies aériennes, celles-ci refuseraient évidemment de sʼexécuter mais peut-on sʼopposer à un Etat qui exerce en permanence un odieux chantage à lʼantisémitisme et qui instrumentalise la version officielle et obligatoire de la Seconde Guerre mondiale pour sʼasseoir constamment sur le droit international, sur la justice et sur la morale ? Tous les jours, en Palestine occupée, au nom de la mémoire, on tue, on pille, on opprime, on esclavagise tout un peuple dans lʼindifférence générale. Comme nous lʼécrivions le 4 juin 2010 au moment du sanglant arraisonnement de la « flottille de la liberté » par Tsahal (le raid mené par air et par mer fit alors une dizaine de morts et une cinquantaine de blessés dans la plus totale impunité), la définitive mise hors dʼétat de nuire de lʼentité sioniste serait une bonne nouvelle pour lʼhumanité entière tant cet Etat voyou est un élément permanent de perturbation des relations internationales et une menace pour la paix à lʼéchelle régionale et même mondiale. En effet, au nom de la sacrosainte
défense de cet Etat, né du terrorisme, et qui ne se maintient que par le terrorisme, le Proche-Orient est sans cesse mis à feu et à sang, en Irak, en Afghanistan, au Liban et demain sans doute en Iran et en Syrie.

 

LA COMPLICITÉ de la « communauté internationale » envers lʼEtat hébreu est écoeurante et en dit long sur ceux qui dirigent la planète. Car ce chantage réussi sur les compagnies aériennes sʼajoute au blocage par la Grèce dʼune flottille humanitaire visant à briser le blocus maritime imposé de manière inhumaine à la bande de Gaza. Athènes a en effet cédé aux pressions israéliennes au lendemain de lʼannonce de la visite officielle à Tel Aviv, du 10 au 12 juillet, du président grec Carolos Papoulias. « La Grèce et lʼUnion européenne sont complices du blocus de Gaza » a dénoncé à juste titre lʼorganisation française « Un bateau français pour Gaza », qui participait à la flottille. « Cʼest une action inhumaine, cʼest contraire aux règles et aux normes internationales », a réagi de son côté le mouvement Hamas, au pouvoir à Gaza.

 

LʼEtat hébreu a annoncé le 9 juillet avoir placé en détention 124 militants de la cause palestinienne, arrivés dʼEurope et interdits dʼentrée avant de les expulser. La majorité dʼentre eux sont des Français, mais lʼon dénombre aussi parmi eux des Américains, des Belges, des Bulgares, des Espagnols et des Néerlandais. Israël considère arbitrairement que ces militants ne se trouvent pas légalement sur son territoire. Ils ont été incarcérés faute de place au centre de rétention de lʼaéroport international Ben Gourion de Tel Aviv alors quʼils nʼavaient pourtant commis aucun délit, ne sʼétaient rendus coupables dʼaucune violence. Force est de constater que lʼon nʼentend pas beaucoup nos politiques dans lʼaffaire des militants pro-palestiniens refoulés à lʼaéroport ou arrêtés en Israël. De même, personne ne proteste contre le blocage dʼune nouvelle flotille humanitaire en Grèce. Marianne 2 explique ce silence par la volonté de draguer le vote juif en 2012, ce qui est vrai mais un peu court. Pire encore, qui sait que le 15 mai Israël a ouvert le feu sur les Palestiniens qui commémoraient la Naqba (leur cruelle défaite en
1948) en franchissant la frontière syroisraélienne sur le plateau du Golan? Bilan : 12 morts et des centaines de blessés. Ces victimes qui, elles, ne sont pas imaginaires, comptent pour rien. Comme dʼhabitude…

 

jeromebourbon@yahoo.fr

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