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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 17:49

 

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Abstention record,

large victoire des socialistes

 

Le second tour des législatives a été d’abord marqué par un taux d’abstention record (44,59%). Près d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé dimanche, signe du désintérêt d’un grand nombre de nos compatriotes pour un scrutin joué d’avance. Le fait d’avoir à se rendre aux urnes quatre fois en moins de deux mois génère une abstention élevée lors des législatives de juin. On l’avait déjà observé en 1988, en 2002 et surtout en 2007. De plus, le scrutin majoritaire à deux tours que la France est le seul pays à utiliser parmi les vingt-sept Etats de l’Union européenne (25 ont adopté la proportionnelle, un seul le scrutin majoritaire à un tour, c’est le Royaume-Uni) ne favorise pas une forte participation, ceux qui veulent voter pour des formations ne faisant pas partie des deux grands blocs parlementaires savent en effet qu’ils n’ont aucune chance de faire élire en grand nombre des élus de leur opinion. Enfin cette abstention prouve que Hollande et son équipe ne suscitent pas d’enthousiasme particulier au sein de la population. L’ex-concubin de Ségolène Royal a été élu par défaut. C’est d’abord et avant tout l’antisarkozysme qui lui a permis d’obtenir la magistrature suprême et non ses qualités personnelles.

 

MAJORITÉ ABSOLUE POUR LES SOCIALISTES

 

Comme c’est toujours le cas lorsque les législatives suivent immédiatement la présidentielle, ces élections ont été un scrutin de confirmation. La gauche l’emporte nettement. Les socialistes et leurs alliés divers gauche (radicaux, chevènementistes) disposent de la majorité absolue (316 élus) et n’ont arithmétiquement besoin ni du soutien d’Europe Ecologie-les Verts (17 élus) ni de celui du Front de gauche qui, avec dix élus, obtient le plus faible contingent de députés depuis le début de la Ve République (aux législatives de 1958 le Parti communiste français avait eu également dix élus). Si les Verts obtiennent un nombre d’élus sensiblement supérieur à celui du Front de gauche, c’est parce que les socialistes avaient gelé dès le premier tour 63 circonscriptions pour les Verts, preuve que la rue de Solferino fait désormais des écolo-gauchistes son partenaire privilégié au détriment des communistes. Il est en effet plus facile aux socialistes de satisfaire les Verts sur les questions dites sociétales (mariage homosexuel et adoption, dépénalisation de l’euthanasie et des drogues, immigrationnisme) que de reprendre les propositions de Mélenchon sur la hausse des bas salaires et des retraites. De plus les Verts sont très européistes et mondialistes alors que les communistes sont plus critiques sur le fonctionnement et les politiques de l’Union européenne. Cependant, qu’on ne se fasse pas de soucis pour les communistes, ils auront bien leur groupe parlementaire puisque des députés de gauche ultra-marins ont fait connaître leur intention de former avec eux un groupe si bien que l’Assemblée n’aura même pas besoin d’abaisser à dix le nombre d’élus nécessaire.

 

DÉFAITE DE L’UMP QUI NE S’EFFONDRE PAS

 

L’UMP subit une défaite sévère puisqu’elle n’a plus que 194 élus auxquels il faut cependant ajouter 15 divers droite, 6 radicaux valoisiens 12 députés du Nouveau Centre et 2 de l’Alliance centriste, soit un total de 229 députés pour la droite parlementaire. Si le recul est net, on est loin cependant de l’effondrement et l’UMP parvient même à faire le carton plein dans ses bastions, notamment dans le Var et les Alpes-Maritimes, même en cas de triangulaires. Ceux qui parient sur l’implosion de l’UMP voire sur sa disparition semblent bien optimistes car il ne faut pas minorer la force d’inertie et la capacité de résistance des structures politiques. Même si les mois qui viennent risquent d’être agités dans la perspective du congrès du mois de novembre où doit être élu un nouveau président et où seront candidats Copé et Fillon et sans d’autres personnalités, l’UMP est loin d’être moribonde et croire que bientôt ne restera sur le spectre politique que la gauche et le Front national est prendre ses désirs pour des réalités.

 

FIASCO POUR BAYROU ET ROYAL

 

Si l’UMP ne disparaît pas, tant s’en faut, du paysage politique, il n’en va pas de même pour François Bayrou qui, élu sans discontinuité dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques, est largement battu par la candidate socialiste dans une triangulaire où il arrive second, talonné par le représentant de l’UMP. En annonçant son choix de voter pour François Hollande au second tour de la présidentielle, le Béarnais s’est suicidé politiquement : il s’est aliéné son électorat traditionnel sans rien gagner à gauche, les socialistes ayant maintenu avec succès leur candidat. Issu du centre droit, ministre des gouvernements Balladur et Juppé, l’ex-président de l’UDF n’a cessé de dériver vers la gauche au fil des années, à la recherche d’un centre prétendument indépendant. L’aventure s’achève en déroute et l’on voit mal désormais comment il pourrait jouer un rôle important dans la vie politique. Le MoDem n’a d’ailleurs que deux élus dont son ami Jean Lassalle qui, lui, ô humiliation suprême, a été soutenu par l’UMP !

    

La défaite est encore plus cruelle pour Ségolène Royal qui n’obtient que 37% face au dissident socialiste Olivier Falorni. Elle peut dire adieu à ses rêves de perchoir. Le tweet de Valérie Trierweiler n’a pas suscité chez les électeurs un mouvement de compassion en sa faveur. Après son échec à la présidentielle de 2007, au congrès de Reims en novembre 2008 face à Martine Aubry, puis sa déroute à la primaire socialiste en octobre 2011 (elle fut éliminée dès le premier tour avec un humiliant 7%), ce nouveau désaveu est la défaite de trop. Et même si la présidente de la région Poitou-Charentes n’a pas renoncé à un destin national, on voit mal a priori comment elle pourra cette fois remonter la pente. Parmi les battus, on notera les cas de Jack Lang dans les Vosges et à Toul de Nadine Morano qui n’aura pas été sauvée malgré ses appels du pied au Front national. 

 

RÉSULTATS EN DEMI-TEINTE POUR LE FRONT NATIONAL

 

Le Front national qui pouvait se maintenir dans 61 circonscriptions (contre 95 en 1993 et 133 en 1997) dont 29 duels et 32 triangulaires, obtient au final deux députés, les deux élus dans des triangulaires, la juvénile et ravissante Marion Maréchal Le Pen à Carpentras, ce qui est une victoire hautement symbolique vu la machination dont le mouvement avait été scandaleusement victime en 1990 et l’avocat inclassable Gilbert Collard dans la deuxième circonscription du Gard. En revanche la présidente du FN échoue d’un cheveu dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Le socialiste Philippe Kemel l’a emporté avec 50,11% des suffrages et 118 voix de plus. Marine Le Pen s’apprête à déposer un recours devant le Conseil constitutionnel qui dispose de six mois pour annuler ou confirmer l’élection du socialiste. Cette défaite, fût-elle d’extrême justesse, de Marine Le Pen pourrait avoir des conséquences sur le mouvement. En effet la présidente du FN ne bénéficiera plus de l’exclusivité médiatique qui était la sienne jusque-là. Gilbert Collard qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui aime les micros et les caméras fera parler de lui à l’Assemblée et dans la salle des Quatre colonnes. Cet ancien socialiste qui fut avocat du MRAP mais qui fut aussi à un moment proche de la droite parlementaire pourrait parfaitement tenir des discours très éloignés de l’orthodoxie frontiste (si tant est qu’il y ait aujourd’hui une orthodoxie frontiste !) L’homme n’est pas foncièrement antipathique mais il est capable de dire tout et son contraire. A peine élu, il a réservé ses premiers mots aux jeunes issus de l’immigration disant qu’ils avaient vocation à rester en France qui était leur patrie, qu’ils étaient chez nous les bienvenus. La journaliste de BFM TV racontait que le soir de l’élection Collard avait «longuement posé avec une petite fille métisse». Peu avant, le volubile avocat qui aime les effets de manche et qui se définit comme un «casse-couilles démocratique» (sic) avait déclaré que sur l’essentiel rien ne le distinguait des valeurs de l’UMP. Puis, interrogé sur France2 pendant la soirée électorale pour savoir quelle serait son attitude à l’Assemblée, il a indiqué qu’il pourrait voter des textes de loi de la majorité de gauche s’il les juge bon. Ça promet !

 

Si Collard pourrait donner du fil à retordre à la direction du Front, l’arrivée au Parlement de Marion Maréchal Le Pen qui est à 22ans la plus jeune députée de toute l’histoire de la Ve République et qui incarne un nouveau visage du mouvement pourrait également faire de l’ombre à l’actuelle présidente du parti. Jeune, jolie et souriante (et l’on sait à quel point ces choses comptent dans nos démocraties modernes), elle passe très bien dans les media audiovisuels et semble beaucoup moins agressive et autoritaire que peut l’être parfois sa tante. Elle pourrait à moyen et long terme être une concurrente redoutable pour Marine Le Pen d’autant que les media, avides de chair fraîche, feront tout pour la mettre en valeur. Très proche de son grand-père Jean-Marie Le Pen qui est venu la féliciter à Carpentras le soir de sa victoire, elle n’a à notre connaissance jamais tenu jusque-là des propos contraires au programme et à la ligne traditionnels du FN. Soulignons également dans la 4e circonscription du Vaucluse la nette victoire de Jacques Bompard qui revient à l’Assemblée nationale après 24ans d’absence. Le maire et conseiller général d’Orange tire là les bénéfices de sa bonne gestion. 

 

Ajoutons que, contrairement à ce qui a été parfois dit, ce n’est pas la première fois que le FN fait élire des députés au scrutin majoritaire à deux tours : ce fut le cas de Yann Piat en 1988, de Marie-France Stirbois en 1989 et de Jean-Marie LeChevallier en 1997 dont l’élection fut injustement invalidée quelques mois plus tard. Cependant, que l’on ne se fasse pas d’illusions, ce ne sont pas trois députés (en comptant Bompard) sur 577 qui pourront changer quoi que ce soit à la politique menée. De plus, le Parlement dispose de pouvoirs extrêmement réduits, 80% des lois et directives émanant de Bruxelles. Ce n’est sûrement pas par la voie parlementaire que l’on pourra un jour redresser la France.

 

Jérôme Bourbon.

 

 

 

 

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Published by Rivarol blog - dans Articles de J. B.
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commentaires

Aryana 21/06/2012 12:25


Ne serait-pas le fait que les élections sont truquées pour empécher le fn d'avoir plus d'une centaine de députés comme cela devrait etre selon ses 20% à la Présidentielle, qui profite surtout à
l'ump ?


Tout les pays européens respectent assez la démocratie pour accepter des Législatives à la proportionnelle intégrale à un seul tour , .....sauf en France !


De là à voir une relation évidente avec l'invasion migratoire intolérable pour detruire la France , ce qui ne serait pas possible avec des législatives à proportionnelle intègrale ,


on voit bien que là où la démocratie est  bannie et le nationalisme le plus hai , c'est là que les migrés deferlent par millions comme nulle part ailleurs et c'est ainsi que les bolchévik
gochistes se font élire avec des scores staliniens à 100% !